Okonomiyaki


Parfois appelée, sur un gros abus de langage, « la pizza japonaise », l’okonomiyaki est le meilleur plat du monde. Voilà comme ça c’est dit, on peut avancer dans nos vies et passer aux choses sérieuses.

A mes yeux l’okonomiyaki se rapprocherait plus d’une omelette ou d’une crêpe, mais qu’on aurait chargée bien comme il faut en ingrédients divers. Voilà à quoi ça ressemble quand c’est bien fait :

source : https://www.flickr.com/photos/10559879@N00/961780585

Le plat remonterait au 16e siècle environ où il se nommait funoyaki, mais l’okonomiyaki telle qu’on la connaît aujourd’hui semble être bien plus récente puisqu’elle aurait été popularisée suite au tragique tremblement de terre de 1923 qui eut entre autres pour inconvénient que bah, les gens n’avaient plus de cuisine en fait. Donc ils ont fait un peu comme ils pouvaient, et ce plat simple a pris de l’importance. Aujourd’hui on trouve deux variantes qui se disputent un peu le titre de « c’est moi qui suis la vraie okonomiyaki », l’une étant à Hiroshima et l’autre à Osaka. Les deux sont excellentes mais comportent quelques différences : à Hiroshima, où l’on parlera plus volontiers d’hiroshimayaki histoire de pas faire comme tout le monde, les ingrédients sont cuits couche par couche, et il n’est pas rare que le tout repose sur un base de nouilles de sarrasin (soba). C’est très bon mais ça a aussi tendance à être plus costaud  que la variante d’Osaka, où les ingrédients sont cette fois mélangés pendant la cuisson ce qui donne quelque chose de moins épais mais aussi de moins cohérent.

On notera enfin une 3e variante de Tōkyō où ils ont eu envie de faire les intéressants. Nommée monjayaki, elle repose sur une recette assez similaire à celle d’Osaka mais les ingrédients sont hachés avant cuisson, qui dure d’ailleurs moins longtemps avec pour résultat une pâte plus liquide, et un plat qui se mange à la spatule plutôt qu’aux baguettes. J’en ai jamais testé, ça me donnait pas vraiment envie.

Le meilleur moyen d’en profiter c’est évidemment de se rendre dans des établissements sur place. Je ne connais pas trop de noms à Osaka (mais Dotonbori, la rue commerçante où il y a la rivière est un bon point de départ, j’ai mangé la mienne là-bas), à Hiroshima en revanche il y a un lieu incontournable : Okonomimura, qui est un bâtiment de plusieurs étages dédié à l’okonomiyaki, avec plein de restaurants. L’office du tourisme d’Hiroshima en a même fait un article, avec quelques suggestions de restos à tester : http://fr.visithiroshima.net/plan_your_trip/tour_plans/okonomiyaki.html
La plupart du temps, on peut avoir son okonomiyaki pour moins de 1000 yen, soit 7-8€.

L’autre grand avantage de l’okonomiyaki, c’est qu’on en trouve assez facilement à Paris (malheureusement trop rarement en dehors, espérez pas avoir de ça dans votre resto « japonais » local spécialisé en sushi). Les deux meilleures enseignes sont selon moi Aki (rue Ste Anne, vers la station Pyramides) ou Happa-tei (même rue mais tout en bas, plutôt vers la station 4 Septembre). Comptez une petite dizaine d’euros pour ce bonheur, forcément plus cher qu’au Japon mais ça reste raisonnable par rapport à certains autres trucs COMME PAR EXEMPLE LES SUSHI.

C’est également assez simple à faire soi-même, en attendant la recette officielle du Patron qui arrivera quand j’aurai le temps de cuisiner, en voici une plutôt bien ici : http://a-vos-baguettes.blogspot.fr/2009/09/okonomiyaki.html

Et pour terminer, voici en exclu MONDIALE deux vidéos tournées par mes soins à Hiroshima, qui permettent de suivre par étapes la cuisson de ce merveilleux plat. Fermez les yeux, humez l’odeur d’oeuf, de chou, de viande. Voilà, vous y êtes. On est pas bien là ?

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