3 Mai : RAINMAKER


Hiroshima :

  • Festival des fleurs
    • Gratuit pour la majeure partie, même les concerts
  • Château
    • Depuis la gare, il faut compter à peu près 20mn à pied, ou se rendre en tram à la station Shukkeien-mae. 160¥ en aller simple, si vous arrivez du mémorial de la paix c’est l’option qui s’impose vu que les deux lieux sont un peu éloignés.
    • Les abords du château sont gratuits, pour entrer dans le donjon il faut payer 350¥.
  • Shukkei-en
    • Même station que pour le château, mais encore plus près de la gare (moins de 10mn) si vous y allez à pied.
    • Comme beaucoup de parcs, c’est payant mais très abordable : 260¥

(le plugin dont je me sers pour générer des cartes s’étant dit « hey tiens, si je supprimais TOUS LES MARQUEURS ENREGISTRÉS POUR RIRE », la carte arrivera un petit peu plus tard)

Aujourd’hui, grosse journée. Et cette fois voilà, au revoir Kyushu et à je ne sais quand, mon prochain voyage au Japon ayant davantage de chances de m’envoyer dans le nord du pays. C’est déjà bien chargé (je vous ai parlé de mon passage au Rilakkuma Store ? Non ? bon bah on va continuer comme ça, il est certaines choses qu’il vaut mieux garder secrètes) que je monte dans le shinkansen en direction d’Hiroshima. Alors à la base j’avais prévu de faire plusieurs choses, à commencer par un retour à Miyajima pour récupérer le précieux goshuin afin de me la péter dans les soirées mondaines. Malheureusement diverses contraintes horaires m’ont rapidement amené à conclure que bah en fait non hein, donc à la prochaine Miyajima 🙁

Flag of Hiroshima

Préfecture : Hiroshima

hiroshima

hiroshima_ville

 

hiroshima

Evidemment quand on pense à Hiroshima, on pense à des trucs pas très mignons. Mais plutôt que d’évoquer des trucs que tout le monde sait déjà et qui seront par ailleurs au coeur de la visite du musée, on va s’intéresser à ce qu’était Hiroshima avant que Harry Truman n’évacue la frustration liée à ses problèmes érectiles en tuant un peu plus de 100 000 civils.

Vous vous souvenez de Takamoto Mori, évoqué hier à propos d’un conflit qui secoua Miyajima ? Eh bien on retrouve ici son fils Terumoto, qui régna sur Hiroshima à la fin du 16e siècle, moment où il fit notamment construire le château d’Hiroshima (détruit puis reconstruit depuis). Ayant eu le mauvais goût de se retrouver dans le camp des perdants au cours de la grande bataille de Sekigahara qui opposa la #teamTokugawa à la #teamToyotomi, Mori se fit retirer la responsabilité d’Hiroshima au profit d’un seigneur fidèle à Tokugawa. Lorsque l’empereur reprit les commandes quelques dizaines d’années plus tard, il fit d’Hiroshima un des principaux centres urbains du pays et une de ses villes les plus tournées vers l’étranger, étant l’une des rares où l’anglais était enseigné, chose rare à l’époque.

La guerre contre la Chine, puis celle contre la Russie, transformèrent peu à peu Hiroshima en centre industriel produisant entre autres du matériel de guerre. Lieu de détention de prisonniers allemands durant la première guerre mondiale, Hiroshima fut comme chacun sait détruite quasi-totalement à la fin de la seconde, puis frappée par un typhon un mois plus tard parce qu’il y a des fois comme ça où le destin a décidé de te faire chier jusqu’au bout.

Depuis 1945, la ville s’est reconstruite, en mettant l’accent sur son dramatique héritage, et fut proclamée « ville de paix » par le gouvernement, ce qui en fit un lieu de choix pour héberger des conférences sur ce thème.

Arrivé à Hiroshima, un constat s’impose : il pleut. Mais bon au début ça allait j’étais serein, je me disais « mouais bon c’est de la petite pluie, pas la peine de claquer 500 yen dans un de ces parapluies de merde ». Sauf que ça n’est pas longtemps resté de la petite pluie, et que le temps que j’en rende compte j’étais en plein milieu du jardin avec aucune possibilté d’acheter un parapluie. Ca ne m’a pas empêché de profiter du Sengan-en, qui sans être le meilleur jardin que j’ai pu voir s’en sort quand même plutôt honorablement. Enfin ça aurait sans doute été mieux sans la PUTAIN DE PLUIE, mais que voulez-vous.

Ensuite, direction le château, toujours sous la pluie mais plus pour très longtemps vu que je tombe enfin sur une supérette. Normalement y en a à tous les coins de rue, mais évidemment là que j’en cherchais absolument une j’ai mis un bon quart d’heure avant de tomber dessus, c’est le fameux concept de l’emmerdement maximal et je m’évertue à en faire la démonstration à chaque fois qu’une occasion se présente. Ainsi armé de mon parapluie moche je repars vers le château, qui se présente un peu différemment de ceux que j’ai vus jusque là vu qu’il est entouré d’immenses douves. Mais genre vraiment grandes, d’ailleurs il est expliqué dans le château que l’eau constituait la meilleure défense face aux attaques ennemies, à part la fois (peu documentée) où des hommes tritons ont tenté d’envahir le Japon. Mais ils sont morts en sortant de l’eau eux, les cons !

En dehors de ça le château est joli mais loin d’être le plus impressionnant que j’ai vu, le fait d’être au niveau du sol et non en surplomb comme beaucoup d’autres le rend un peu moins intéressant à mes yeux.

Une fois sorti du château, il s’est arrêté de pleuvoir ! Haha non, en fait c’est encore pire qu’avant, et ça me blase un peu car aujourd’hui à Hiroshima c’est normalement le festival des fleurs, avec des danses et tout. Bon bah je sais pas si je suis pas passé aux bons endroits (j’avais entendu dire que c’était vers le parc de la paix et je suis passé pas loin) mais en tous cas je n’ai RIEN vu, possible que pas mal de choses aient été annulées à cause du temps. Du coup je poursuis ma route, jusqu’à Okonomimura (littéralement « la république de l’okonomiyaki », petit bâtiment sur deux étages où tous les restaurants sont spécialisés dans ce plat. Je me suis rendu compte au passage que j’étais passé vraiment tout près de là en 2014 vu que les restos sont juste à côté du Donki où j’avais fait une étape. Oui, vous vous en foutez probablement, mais moi j’ai eu de gros regrets de découvrir cet endroit 18 mois plus tard que prévu.

Faute de festival de fleurs, j’ai par contre la chance de tomber sur un concert de taiko de rue et ça ça fait plaisir. Ah bah non, ils sont en train de remballer. Bon.

Direction le resto du coup, et temps de merde oblige c’était absolument blindé, même seul j’ai lutté pour trouver une place. Mais je l’ai eue, et au comptoir en plus, aux premières loges pour admirer le spectacle. Car l’okonomiyaki c’est pas juste un plat super bon, c’est aussi tout un rituel au niveau de la préparation, avec ici un chef qui en préparait une petite dizaine en même temps, sans pression.

Une fois préparé ça ressemble à ça. Bon là on voit rien mais ça ressemble quand même à ça, puis de toutes façons le plat fera l’objet d’un article bonus un peu plus bas alors faites pas les fines bouches.

 

Une fois mon okonomiyaki descendue pas le temps de niaiser car une autre étape m’attend. Mais d’abord j’assiste impuissant à la terrible chute d’une jeune japonaise dans les escaliers métalliques (et trempés) qui permettent de rallier les divers étages. La pauvre se gaufre bien salement, sur le cul heureusement donc ça aurait pu être pire mais je pense qu’elle a morflé. Vu que ça s’est un peu déroulé sous mes yeux et que l’honneur des gaijin était en jeu, je l’ai aidée à se relever puis lorsque j’ai réalisé qu’on ne se comprenait pas et que c’était un amour impossible, j’ai laissé des locaux prendre le relais.
Direction la gare car je retourne à Fukuoka pour y vivre pleinement une de mes passions honteuses : le catch. Et là attention c’est la New Japan Pro Wrestling, la plus grande fédé japonaise, un très gros show qui plus est, bref ça rigole pas. C’est évidemment le jour qu’avait choisi le shinkansen pour avoir 30mn de retard, truc qui ne choquerait personne en France mais qui ici est extrêmement rare. Je rate du coup le début du show, le venin était bien présent.

En termes d’ambiance c’était très différent de ce que je connaissais, avec un public capable d’être survolté pendant quelques instants puis de retomber dans une sorte de léthargie profonde l’instant d’après. Le niveau dans le ring est très bon, le style assez différent des USA, plus dur physiquement mais paradoxalement plus orienté vers la comédie aussi. Bref, un petit plaisir de fan, je voulais voir Kenny Omega et j’ai VU Kenny Omega, bref content de l’avoir fait même si je me suis retrouvé très contraint niveau trains à cause de ça, genre j’ai couru pour avoir le tout dernier et tout c’était chaud. Et vu que je suis nul à chier pour prendre des photos en zoom je n’ai aucune trace perso, donc voici une vidéo Youtube d’un show plus récent que de toutes façons seul mon pote Jérôme-Philippe va mater vu que seuls les vrais savent. Je préviens, c’est kitsch, mais quand on est sur place qu’est-ce que ça bute.

Puis tiens, une autre.

On termine cet article par le bonus du jour, un petit aparté à la gloire de l’okonomiyaki, béni soit son nom. J’en parle aussi dans le coin bouffe juste en dessous, et dans la section gotochi. Je parle tout le temps des okonomiyaki, à chaque occasion qui se présente je parle des okonomiyaki. Toute ma vie je parlerai des okonomiyaki.

Là y a moyen de se faire plaisir, Hiroshima est l’un de mes coins favoris niveau culinaire. Je commence quand même par une spécialité dont j’ai horreur : les huîtres. Celles d’Hiroshima sont particulièrement réputées pour leur taille, et la ville fournit plus de la moitié de la production japonaise. Et à vrai dire la majorité des huîtres cultivées sur nos côtes françaises sont à l’origine importées de là-bas, je vous laisse chercher si vous y croyez pas. Ca je l’invente pas hein, c’est écrit partout. Si vous êtes attirés par ce genre de truc, vous devriez avoir de quoi vous faire plaisir d’autant que les huîtres d’ici m’ont semblé un petit peu moins chères que chez nous. Par respect pour mon lectorat et surtout pour moi-même je ne fournirai pas de photo, la seule vue de ce plat du diable suffisant désormais à me rendre malade.

Où en trouver : un peu partout, la majorité des restaurants propose des plats d’huîtres frites (ouais c’est surtout comme ça que ça se mange ici) pour moins de 1500¥.

Plus réjouissant, les tsukemen font aussi partie des spécialités d’Hiroshima. Ce plat, assez répandu au Japon, est souvent associé au printemps ou à l’été car il se compose de nouilles froides (ça peut surprendre la première fois) qui sont servies non pas dans un bouillon mais à côté, ce qui offre à chacun la possibilité de faire trempette dans la joie et la bonne humeur. Les nouilles sont en général accompagnées de légumes (poireau, chou…) mais il est possible de rajouter du porc ou de l’oeuf. Attention, la spécificité d’Hiroshima est que le bouillon est pimenté, et même moi qui suis client de ça j’ai trouvé que ça arrachait pas mal. Si vous n’êtes pas trop amateurs de nourriture épicée, attendez d’être dans un autre coin pour tester les tsukemen.

Où en trouver : comme d’habitude les plats de nouilles sont très répandus. Si vous allez au parc de la paix et que vous avez un peu de temps devant vous, le restaurant Bakudan-ya Honten est réputé pour en proposer d’excellentes. La chaîne propose plusieurs restaurants, le plus pratique d’accès étant situé dans la gare. Cherchez une enseigne similaire à celles de cette page (un coup d’oeil à leur page « menu » pourra être aussi utile, et vous constaterez que c’est un plat très accessible). Écriture en japonais : つけ麺.

On termine sur le salé avec le meilleur, la reine, la légende : Hiroshima est en effet connue pour sa variante d’okonomiyaki, qu’on associe très souvent (à raison) à Osaka mais qui est également très présente ici. Elle se distingue de sa voisine par deux aspects : déjà la pâte est utilisée de façon plus parcimonieuse ce qui rend la galette moins épaisse, mais par contre elle est beaucoup plus généreuse sur les ingrédients mis par dessus, parmi lesquels on retrouve une originalité locale avec des soba, ces nouilles brunes d’origine chinoise. J’en suis pas particulièrement fan à titre perso, ce qui fait que ma préférence va à la variante d’Osaka, mais ça reste un ajout original. Au delà de ça on trouve les accompagnements habituels : porc, oeuf, fruits de mer… évidemment des restaurants essaieront de vous refiler une variante aux huîtres. Soyez vigilants, le danger est partout.

Où en trouver : aucune difficulté là non plus, mais un endroit est particulièrement recommandé. Il s’agit d’Okonomimura (5-13 Shintenchi, Naka-ku), qui est carrément un bâtiment entier dédié à l’okonomiyaki, avec des dizaines de restaurants à l’intérieur. Voir ici pour leur site (en anglais), ce qui permet de repérer à l’avance quel resto sert ce que vous préférez.

Et enfin pour terminer, le dessert. La principale spécialité sucrée ne se trouve pas à Hiroshima même, mais plutôt « en face », à Miyajima. Il s’agit du momiji manju, petit gâteau d’une texture qui évoquerait vaguement la madeleine mais en plus spongieux (on le fait avec la même pâte que la castela de Nagasaki) et qui a la particularité d’être en forme de feuille d’érable (momiji). Si la version standard est fourrée à la pâte de haricot rouge, le succès de ces gâteaux a fait qu’on en trouve désormais de multiples déclinaisons : chocolat, crème pâtissière, thé vert, ce n’est pas le choix qui manque. Sur Miyajima (et uniquement là, de ce que j’en sais) vous aurez peut-être même la chance de trouver une version frite, pour un vrai plaisir de gros.

Où en trouver : si vous êtes sur Miyajima, zéro difficulté à part peut-être pour la version frite, plus rare. Sur Hiroshima, les nombreux magasins de souvenir dans la gare en vendent quasiment tous, dans des belles boîtes qui en font un cadeau de choix pour les gens que vous aimez. Pour ceux que vous n’aimez pas, ramenez des huîtres.

 

hiroshima

2009 : des huîtres (牡蠣). Berk berk berk, saloperie. D’ailleurs les gens ne s’y sont pas trompés : cette carte postale était la moins populaire et a été retirée de la circulation. Bien fait !

2010 : grâce à un astucieux montage, cette carte illustre non pas un mais DEUX éléments caractéristiques de la préfecture. D’abord, l’objet représenté ici est une spatule à riz ou shamoji (しゃもじ), dont on dit qu’elle a été inventée à Miyajima. On y trouve d’ailleurs une méga-spatule géante supposée être la plus grande au monde. Et l’autre symbole qu’on retrouve ici, c’est la mascotte de l’équipe de baseball locale, un petit bonhomme nommé Carp Boya (カープ坊や). Je le trouve un peu laid mais c’est une mascotte historique, il faut donc le respecter.

2011 : OKONOMIYAKI OKONOMIYAKI OKONOMIYAKI OKONOMIYAKI (お好み焼き)

2012 : c’est un citron (レモン). Mais même pas genre une variante spéciale qu’on trouve qu’ici, qui est beaucoup plus gros ou qui a une chair particulière, juste un citron normal. Hiroshima en est le principal producteur au Japon, et le pays n’ayant pas une énorme production locale de fruits et légumes, l’obligeant à beaucoup importer (ce qui explique en partie pourquoi ils sont si chers), quand ils arrivent à faire pousser un truc ils en sont particulièrement fiers. Évidemment ils font un complément de choix pour les huîtres, même si à titre perso je trouve que la poubelle reste le compagnon idéal.

2013 : là déjà c’est un peu moins évident. Il s’agit de pinceaux de Kumano (kumano fude, 熊野筆), produits dans la ville éponyme située en proche périphérie d’Hiroshima. Peinture, écriture, cosmétique, ils servent un peu à tout et il se dit que 80% des pinceaux utilisés au Japon viennent de là. Par contre, si les pinceaux sont fabriqués là, la matière première n’est pas locale : qu’ils viennent de chevaux, moutons, loups (!) ou ratons laveurs, les poils utilisés pour les pinceaux sont tous importés d’un peu partout dans le monde. Même le bois pour le manche des pinceaux n’est pas d’ici. Mais alors pourquoi à Kumano et pas ailleurs ? Eh bien apparemment un peu par hasard : les fermiers de Kumano avaient pris pour habitude, lorsqu’ils se rendaient à Nara pour y vendre leur production, d’y acheter des pinceaux et de l’encre afin de les revendre chez eux en faisant un petit bénéfice au passage. Le gouvernement encouragea la pratique et c’est comme ça que Kumano finit par produire des pinceaux sur place. Ca fait un souvenir assez original, les premiers prix son abordables (genre 10€), le haut de gamme peut en revanche peser un peu plus sur votre budget (environ 3 000€).

2014 : j’en ai tellement chanté les louanges que vous devriez les identifier immédiatement : ce sont les momiji manju (もみじ饅頭), ces délicieux gâteaux que l’on trouve notamment (mais pas uniquement) sur Miyajima.

2015 :  un endroit où je ne suis personnellement pas allé, la petite ville portuaire de Tomonoura (鞆の浦). Située un peu loin d’Hiroshima (à une centaine de kilomètres, je crois qu’elle est en fait plus près d’Okayama), Tomonoura dépend en fait de la ville de Fukuyama. Son principal attrait est que, épargnée par la guerre, elle a majoritairement conservé l’aspect qu’elle avait durant l’ère Edo, ce qui en fait l’une des destinations les plus « authentiques » de la préfecture. Le temple local, le Fukuzenji, offre une vue sur la mer intérieure dont on dit qu’il s’agit de l’une des plus belles du Japon. Enfin, la ville produit aussi son propre alcool nommé Yomeishu, une liqueur relativement douce (14%) à base d’herbes dont on dit qu’elle aide à combattre les petits pépins de santé genre fatigue, migraine etc. Le site la présente limite comme un médicament, n’hésitez donc pas à vous pointer avec une bouteille à votre travail, je suis sûr que votre supérieur se montrera très compréhensif.

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