28 Avril : Won’t you take me to monkey town ? 1


Beppu : un petit peu plus d’une heure et demie depuis Hakata via Kokura. Attention au trajet retour, les derniers trains sont relativement tôt (21h).

  •  Takasakiyama
    • Environ 15mn depuis la gare, prendre les bus AS60 ou AS61 en direction d’Oita. Environ 400¥ par trajet.
    • L’accès à la montagne est lui aussi payant, environ 500¥. Possibilité de prendre un ticket groupé (2500¥) offrant l’accès à l’aquarium situé juste en face.
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Beppu

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Beppu: 33.291508, 131.493130
Drapeau de Beppu-shi

Préfecture : Oita

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beppu

 

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On ne va pas tourner autour du pot, la star locale à Beppu, et le quasi-unique mais néanmoins grand intérêt de la ville, ce sont ses sources chaudes, surnommées « enfers ». En fait l’histoire de la ville semble se résumer à celle de ses sources : on raconte ainsi qu’à l’époque des dieux, deux d’entre eux nommés Sukunabikona et Ōkuninushi visitèrent ce qui est désormais la préfecture d’Ehime, située sur la côte juste en face. Pas de bol, Sukunabikona, qu’on va désormais appeler Suku parce qu’à un moment ça va bien, tomba malade. La tuile. Oku, que l’on imagine légitimement en détresse, fit alors ce que chaque personne dotée de raison fait en pareille situation : il plongea dans la mer tuyau qui reliait Dōgo Onsen (situé à Matsuyama) et Beppu afin de tirer l’eau de source de cette dernière. Un petit tuyau d’environ 100 kilomètres d’après les lieux concernés, rien de bien méchant McGyver te fabrique ça en une demi-heure grand max. Suku se baigna dans l’eau ainsi puisée et se mit à aller mieux, ensuite ils vécurent probablement heureux et eurent beaucoup d’enfants très doués en bricolage aussi.

Plus récemment, enfin pas trop non plus vu que c’était quelque part aux alentours du 13e siècle, un seigneur local établit à Beppu une sorte de station thermale. Mais lui son truc c’était pas de soigner l’arthrite des petits vieux, plutôt de guérir des samurai blessés au combat contre l’armée mongole.

Puis le 20e siècle arriva tranquillement et avec lui les saines valeurs du capitalisme : l’eau de source fut ainsi pompée massivement pour contribuer à intensifier l’agriculture et la production de sel. Résultat, la source finit par se tarir et il fallut en trouver une autre, ce qui fut heureusement fait en 1957. Il est depuis interdit de s’en servir pour la production de sel, en revanche l’eau reste à ce jour utilisée en agriculture. Et pour attirer les touristes, évidemment.

Avant d’attaquer les enfers qui seront la principale attraction de la journée, petit crochet par Takasakiyama, une montagne située à un petit quart d’heure de la gare en bus, et qui abrite une immense colonie de macaques vivant en liberté. Enfin semi-liberté, y a quand même du personnel qui s’occupe d’eux et les a divisés en deux groupes de 700 à 800 singes chacun, qui descendent de la montagne non pas à cheval mais alternativement, un le matin un l’après-midi. Ca offre du coup plus ou moins la garantie de pouvoir les observer à peu près n’importe quand.

Parc naturel de Takasakiyama

Plusieurs panneaux indiquaient qu’il fallait éviter toute provocation envers les singes, et notamment les regarder dans les yeux vu que pour eux c’est perçu comme une menace. Il doit vraiment falloir y aller quand même, les singes sont plutôt tranquilles et vivent leur vie sans vraiment se soucier des gens qui passent autour.

Et maintenant, place donc au gros morceau de la journée : les sources. Mais plutôt que d’y aller en bus j’opte pour un trajet à pied, je voulais passer par la poste et puis longer la côte ça n’est jamais désagréable. A noter qu’on peut, à plusieurs endroits, se faire enterrer dans le sable chaud, paraît que c’est relaxant mais j’étais pas convaincu donc j’ai passé mon tour.

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Au Japon même les plaques d’égout bénéficient d’un soin particulier : quasiment chaque ville a son propre design.

 

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Les vrais sauront.

 

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IMPOSSIBRU

 

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En tous cas j’avais lu que Beppu était une ville moche et sale. Bon je suis déjà à allé à Marseille donc c’est pas ce genre de truc qui va me rebuter, et puis en plus j’ai trouvé ça assez inexact : si les environs des enfers sont en effet assez laids, tout le quartier de la gare, jusqu’à la plage, a des airs de petite ville balnéaire plutôt classique et agréable. Après ouais, le trajet de la gare aux enfers il vaut mieux y aller en bus au final, je me suis plus ennuyé qu’autre chose en le faisant à pied.

Après une bonne grosse demi-heure de marche je finis par apercevoir des fumerolles au loin, signe que j’approche du but.

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Première étape, Hyotan. Qui n’est pas un enfer mais un onsen, la différence majeure étant qu’un onsen on peut s’y baigner. Un enfer, si on passe sous la clôture on peut s’y baigner aussi mais on risque d’en ressortir avec quelques désagréments comme des brûlures au 3e degré ou la mort, ce qui peut incommoder certaines personnes. Parlez-en avec votre médecin traitant.

Hyotan onsen

Situé juste à côté des enfers du quartier de Kannawa, l’onsen Hyotan s’enorgueillit d’être le seul onsen du Japon à avoir eu 3 étoiles au Michelin, ça rigole pas. Pour autant le tarif reste honnête, un petit 700¥. Il est également possible de manger des spécialités locales, ce que j’ai fait en sortant du bain (à éviter dans l’autre sens, la digestion plongé dans une eau à 40° ça se déroule rarement bien) même si à la base j’avais prévu d’aller manger à un autre endroit. Résumé des victuailles  :

Alors on a ici (je donne juste les noms, voir le point bouffe pour les détails) :

  • en haut à gauche, des toriten
  • en dessous, du tofu légèrement cuit servi avec de la bonite séchée
  • en bas à droite, un bol de dangojiru
  • planqué derrière, un oeuf dur cuit à la source chaude. Un peu déçu, on se rapproche bien plus de l’oeuf dur classique que des kurotamago de Hakone
  • juste à côté, un hell pudding
  • et enfin au milieu sous la plaque, un mélange un légumes et de fruits de mer

Après ce repas frugal il fallait bien digérer, et je me mets donc en route vers mon premier enfer… ah tiens il est déjà 17h là ? 17 HEURES

MAIS LES ENFERS ILS FERMENT A 17H J’AVAIS OUBLIE

MONGOLO

J’étais tellement bien à faire trempette, à siroter ma bière, que j’en avais totalement oublié que les lieux touristiques ferment tôt ici. Et du coup bah boum, ma journée prend fin abruptement sur cet échec, alors que jusque là ça se passait plutôt bien.

Bon bah du coup je vais appeler Berumaru-san pour meubler un peu.

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Cette histoire se déroule il y a très, très longtemps. Cette histoire, c’est celle d’Issun-Boshi, « le garçon qui ne mesurait qu’un pouce ». Oui voilà, comme Tom Pouce, mais en japonais.

Il y a très très longtemps, donc, vivait un couple de vieux. Ils n’avaient pas d’enfant, et regrettaient un peu de pas avoir mis le couvert à l’époque où ils en avaient la capacité, car ils auraient bien voulu un enfant là maintenant tout de suite. Seulement c’est pas possible, mamie est toute sèche, papy a mis le drapeau en berne de façon permanente depuis des années déjà, alors que faire ? Prier évidemment, ou aller en acheter un en Afrique à des gens qui n’ont pas les moyens de le nourrir mais ça ne se faisait visiblement pas à l’époque.

Un jour leurs prières furent entendues et ils eurent un enfant. Comment ? Pourquoi ? Nul ne sait. Mais en tous cas l’enfant est là et bien là, sauf qu’il n’est pas bien grand, il ne mesure qu’un pouce. Au lieu de se dire « qu’est-ce que c’est que ce merdier » et d’appeler le service clientèle, le couple fit contre mauvaise fortune bon Dimanche sous vos applaudissements et fut empli de joie à l’idée d’avoir enfin un enfant. Ils le nommèrent Issun-Boshi, ou Garçon-Pouce (c’est laid oui mais j’y peux quoi moi je ne suis qu’un narrateur).

Issun était ce qu’il convient d’appeler un vorace, voire un sacré sanglier : il mangeait, mangeait comme aucun autre enfant n’avait mangé avant lui, mais il ne grandissait pas d’un pouce (vous l’avez ?). Il devenait plus fort, plus souple, mais pas plus grand. Un jour il remarqua la rivière qui coulait non loin de là et demanda à son père/grand-père : « elle va où, la rivière ? ». Papy, jamais à court de blagues, lui répondit « dans ton cul OLOL jtkc ». Apercevant (difficilement) le regard zehef de l’enfant, il rajouta « elle va à Kyoto. C’est sans doute un endroit merveilleux, mais je n’y suis jamais allé ».

« Moi j’irai », répondit Issun. « Vieil homme, prépare mon arme et mon navire, car je pars dès aujourd’hui ». Ainsi armé d’une aiguille, et posé dans un bol de riz duquel il ramait à l’aide d’une baguette, Issun partit sous l’oeil ému de ses parents qui devaient bien se demander si c’était la peine d’avoir prié autant pour hériter d’une tête brûlée pareille.

Le voyage d’Issun fut mouvementé : des poissons tentèrent de le manger, des hérons aussi, son rafiot se fracassa contre des pierres, menaça de se retourner, bref autant chez Costa Croisières ça passe, autant là ça fut considéré comme un voyage assez merdique. Mais il finit par atteindre Kyoto, la grande et belle. Ah il était fier Issun, il se promenait avec son aiguille à la taille en bombant le torse et en sortant les épaules. Seulement dans les contes comme dans la vraie vie, c’est bien beau de faire le pimp mais si on veut s’en sortir il faut travailler : Issun frappa donc au pied de la première porte qu’il trouva. Lorsque le propriétaire ouvrit, il ne vit personne et referma donc la porte, probablement en maugréant « cons de gosses » ou un truc du genre.

« Attendez ! Je suis là en bas !! » cria Issun de toutes ses forces.
« Ah ! », répondit le garde, apparemment pas plus surpris que ça parce que Kyoto devait être un sacré freak show à l’époque.

Issun lui expliqua qu’il cherchait du travail, et au lieu de lui indiquer le McDo comme on le fait généralement avec les jeunes en recherche d’emploi, le garde lui dit « hmm tu m’as l’air bien brave, je te nomme garde du corps de la fille de mon maître ». C’est logique.

Visiblement Issun s’acquittait plutôt bien de sa tache, repoussant les attaques d’ennemis à sa taille comme par exemple des fourmis ou Mathieu Valbuena. Mais un jour qu’il marchait en forêt avec la fille du maître, deux gobelins possédés surgirent, leurs yeux mauvais brillant d’un rouge vermillon qui ne laissait que bien peu de doutes sur leurs intentions.

« VOUS NE PASSEREZ PAS ! » hurla Issun, ce qui n’avait pas grand sens vu que c’était lui qui voulait passer, mais Issun aimait bien balancer des répliques connues pour faire style. Il planta son épéguille dans le tibia d’un des gobelins.

« Qu’est-ce que c’est les histoires » dit le gobelin qui n’avait pas senti grand chose. Il attrapa Issun et l’avala directement.

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lol non en fait Issun continua d’attaquer le gobelin de l’intérieur, ce qui était visiblement beaucoup plus efficace puisque le gobelin, sous l’effet de la douleur, n’eut d’autre choix que de recracher notre héros. Qui ne perdit pas de temps et attaqua le second gobelin en remontant jusqu’à sa tête puis en lui foutant des coups dans les yeux. Les deux gobelins furent mis en déroute et nos deux amis continuèrent leur chemin jusqu’à ce qu’ils aperçoivent un truc brillant au bord d’une route. « Des gitans », indiqua Issun alors qu’en fait pas du tout, c’était un marteau magique.

« Ca appartenait sûrement à l’un des gobelins », dit la jeune fille. « Je crois que tu peux exaucer un voeu avec ce genre de truc ».

Alors évidemment Issun fit le voeu qu’il souhaitait faire depuis tant d’années.

« JE VOUDRAIS UNE PS4 » s’écria-t-il. Mais rien ne se passa. « Bon puisque c’est comme ça, je voudrais devenir grand alors ». Et alors le miracle s’accomplit et Issun obtint enfin une taille d’adulte normal. Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants, mais Issun mourut sans jamais connaître les joies de la PS4.

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Beaucoup de choses très intéressantes à tester ici à Beppu, et rien de particulièrement étrange donc c’est que du bonheur.

Tant qu’à faire je vais commencer par ce que j’ai pu tester moi-même, avec par exemple le dango jiru. Ce plat végétarien (profitez, ça sera pas souvent) est composé de très larges pâtes qui font plutôt penser à des ravioli, le tout baignant dans un bouillon à base de légumes et de miso (pâte de soja). C’est très bon, ça pèse pas trop sur le bide, c’est un indispensable Gameblog.

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source Wikimedias

Où en trouver : j’en avais dans le menu que j’ai pris au Hyotan, mais vu que c’est typique ça se trouve facilement.

Autre spécialité locale, même si on en trouve assez facilement ailleurs, les toriten, mot-valise de tori tempura soit des fritures de poulet. Dit comme ça on serait tenté de penser « ouais, des nuggets quoi ». FAUTE ! Il suffit de goûter une fois à des tempura pour réaliser que ce n’est pas la même chose. La friture est ici beaucoup plus légère et digeste, on se sent moins honteux en en mangeant et ça c’est important.

Image illustrative de l'article Toriten

source Wikipedia

 

Où en trouver : vous en verrez partout, rien qu’à la gare déjà y a pas mal d’échoppes qui en vendent.

Même si ce n’est pas un plat, difficile de ne pas évoquer la cuisson à la vapeur vu qu’il s’agit là encore de quelque chose de bien local. Pas de plat en particulier, techniquement on fait cuire un peu ce qu’on veut, les aliments les plus populaires étant les légumes, le poulet, les fruits de mer ou les beignets à base de porc. Les oeufs sont à essayer aussi, j’ai retrouvé le goût des kurotamago que j’avais tant aimés à Hakone la dernière fois.

source Japan Guide

Où en trouver : la plupart des enfers vendent de la nourriture cuite ainsi, mais quitte à tenter l’expérience et même si ça revient un peu plus cher, essayez d’aller au Jigokumushi Kobo Steam Cooking Center (地獄蒸し工房鉄輪) qui propose de cuire soi-même sa nourriture, qu’on amène soi-même ou bien qu’on achète sur place pour des prix variant de 100 à 3000¥, mais ça c’est vraiment si vous avez très très faim. Il faut ensuite louer une sorte de cabine de cuisson, ça coûte 500¥ pour une demi-heure, délai suffisant pour cuire la majorité des aliments. Le plus simple est de se fier à la photo disponible sur cette page.

Après 3 jours de point bouffe, je me rends compte qu’une chose manque dramatiquement.

Place donc au sucré, avec deux spécialités du coin. La première, c’est les yaseuma, des grandes et larges nouilles de blé roulées dans de la poudre de soja et du sucre. J’étais un peu perplexe au début et en fait c’est super bon, faut y aller.

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source Wikimedias

Où en trouver : je n’ai eu aucune difficulté de ce point de vue, la plupart des petits restaurants devant lesquels je suis passé en vendaient.

Ensuite, et là on recoupe un peu avec la cuisson vapeur vu que ça en émane directement, impossible de repartir de Beppu sans avoir testé son hell pudding. C’est un pudding tout ce qu’il y a plus classique, à base d’oeufs et de lait, mais cuit à la source chaude ce qui lui donne un goût un peu plus fort, surtout la partie caramélisée.

Jigoku-mushi Cuisine Pudding _ Traveler's favorite pudding cooked by 'Hell Steam Pot' with high-temparature Onsen steam. Beppu, Ōita in Japan. _ Source: http://www.beppu-navi.jp/photo/site/en_food.html:

source: beppu-navi.jp via Pinterest

Où en trouver : au même endroit que le reste de la nourriture cuite à la vapeur, voir plus haut donc.

Et pour conclure, on regarde un peu les cartes gotochi de la préfecture du jour, à savoir Oita.

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– en 2009, les enfers de Beppu (地獄谷), bon bah on s’en reparle très prochainement hein.

– en 2010, le chinchard seki (関サバ) et le maquereau seki (関アジ), deux poissons très prisés par la pêche locale.

– en 2011, c’est l’illustre Futabayama Sadaji (双葉山) qui est à l’honneur. C’est un sumo né dans la préfecture et ayant atteint le grade suprême de yokozuna. Bon par contre pour le voir en vrai ça va être compliqué, il est mort en 1968.

– pour 2012 c’est la nourriture qui est à l’honneur, avec une carte rassemblant le karaage (からあげ) et le toriten (とり天), deux spécialités locales déjà présentées dans le coin bouffe mais petit rappel au cas où, parce que je suis sympa. Le toriten c’est du poulet (tori = oiseau, d’où le nom des yakitori que l’on a en France) mariné et frit, quant au karaage c’est aussi de la friture mais ça peut concerner tous types de viandes ou de poisson. Bref que du sain.

– en 2013 on retourne vers les bains chauds, cette fois c’est la source de Yufuin (由布院温泉), à flanc de montagne, qui est représentée. C’est une bonne alternative à Beppu, moins touristique mais aussi plus luxueuse.

– en 2014, bon bah c’est des citrons verts quoi. Plus précisément des kabosu d’Oita (大分かぼす), un agrume très proche de celui qu’on connaît.

– et enfin en 2015, un nouveau poisson avec le flet d’Oita (城下カレイ), autre star de la pêche locale.


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