27 Avril : In Nagasaki they go spanky for your love 5


Nagasaki  : accessible depuis Hakata (Fukuoka) en un peu moins de 2h. Je mets plus les tarifs, sur les trajets longs avoir un JR Pass est indispensable donc je pars du principe que vous en avez un.

  • Mémorial de la paix
    • Environ 15mn depuis la gare de Nagasaki par la ligne 1 du tram
    • Un trajet simple en tram coûte 120¥, sachant qu’il existe un pass illimité à la journée pour 500¥ ça peut vite devenir plus rentable de prendre ça.
    • Coût d’entrée au musée : 200¥
  • Sōfuku-ji et Kōfuku-ji
    • Moins de 5mn depuis la station Nagasaki Ekimae (à côté de la gare), jusqu’à la station Kokaido-mae par la ligne 3. Ensuite les temples sont juste de l’autre côté de la rivière, à 5mn de marche.
    • Coût d’entrée pour chaque temple : 300¥

Huis Ten Bosch : Environ 1h30 depuis Nagasaki

  • 4000¥ pour la partie jardin, 6500¥ pour un accès illimité aux attractions
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Nagasaki

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Nagasaki: 32.750286, 129.877667

Aujourd’hui, grosse journée. Qui commence avec 2h30 de retard puisque, comme hier, mon corps a déclaré forfait au moment où le réveil a sonné. J’avais pourtant ait ça bien, couché 22h comme à cette époque lointaine où j’étais quelqu’un de raisonnable, mais bon m’étant endormi à 3h ça n’a pas du aider plus que ça. Enfin bref, comme on dit il faut savoir faire contre mauvaise fortune bon courage, je me lance donc malgré tout vers Nagasaki, ma principale étape du jour.

Flag of Nagasaki

Préfecture : Nagasaki

nagasaki

nagasaki_ville

 

nagasaki

Nagasaki fait partie de ces villes que tout le monde connaît, mais pas forcément pour les bonnes raisons. C’est pourtant une ville à l’histoire riche, historiquement (et ironiquement) très ouverte sur l’étranger. On en retrouve ainsi la trace dès le 2e siècle, dans d’anciens écrits chinois qui, entre deux chapitres « comment se comporter comme un sac quand vous partez en voyage » à destination de ses citoyens, évoque les îles d’Iki mon frère et Tsushima en tant que royaumes japonais qui échangeaient déjà avec la Chine à l’époque.

Son histoire reste quand même essentiellement connue à partir du 16e siècle : c’est ainsi qu’en 1550 des portugais débarquèrent à Hirado, une île à quelques kilomètres au nord-est de Nagasaki. Vu qu’ils étaient essentiellement là dans l’optique d’évangéliser tout ce beau monde, la région de Nagasaki fut l’une des premières (et reste à ce jour la principale) régions du Japon à pratiquer le christianisme. Un seigneur de l’époque fit même sa conversion et envoya des émissaires saluer le pape, autant dire qu’ils prenaient ça au sérieux. La ville de Nagasaki accueillit progressivement plusieurs églises, ce qui lui valut même le surnom de « Petite Rome ».

Mais y en a un à qui tout ça plaisait assez moyennement : Hideyoshi Toyotomi, seigneur le plus puissant de l’époque, voyait d’un mauvais oeil ce débarquement occidental et craignait que ça finisse en invasion totale du Japon. Plutôt que de les inviter à en discuter autour d’un café au Starbucks, il mit en place une politique de « foutez-moi le camp » et intima à tout ce monde de retourner d’où il venait. 10 ans plus, tard vu qu’apparemment les missionnaires avaient tièdement répondu à cette offre, il passa à la vitesse supérieure, en chopa 26 et ce qui se passa ensuite va vous surprendre. Il fit aussi détruire les églises histoire de montrer qu’il était très remonté.

Comprenant que ça rigolait moyen-moyen avec ce Japon féodal les missionnaires, et plus globalement les chrétiens du Japon, se firent forcément très discrets par la suite mais sans forcément disparaître. Les marchands occidentaux continuèrent en revanche d’être tolérés voire bienvenus, et apportèrent une partie de leur propre culture. On citera Thomas Glover, marchand écossais qui joua un rôle important dans l’industrialisation du Japon (et qui aida aussi l’empereur à reprendre le pouvoir lors de la restauration Meiji), ou encore de nombreux mais plus anonymes portugais et hollandais dont on retrouve encore l’héritage aujourd’hui, au niveau culinaire pour les premiers (la spécialité pâtissière de Nagasaki, la castella, dérive ainsi directement du pão de castela portugais), ou encore au niveau architectural pour les seconds (voir Huis ten Bosch, décrit plus longuement dans l’article).

Bon et puis plus récemment la guerre, la destruction, ‘merica, ça fait malheureusement partie de l’histoire aussi et ça fera l’objet d’une visite en début de journée.

J’ai pas eu le temps de préparer des petits schémas chatoyants, donc pour l’instant faudra faire avec du texte brut (de toutes façons à moins de partir dans moins d’un mois vous vous en foutez de ce paragraphe, ne mentez pas je le lis dans vos yeux) :

Depuis Fukuoka (Hakata), prendre le train Limited Express Kamome jusqu’à Nagasaki, compter 2 heures de trajet.

Alors bon, en sortant de la gare (où il y a une reproduction assez chouette d’un bateau), un truc frappe : la ville est quand même assez moche. Alors je sais, c’est pas très gentil de dire ça à propos d’un endroit qui a une histoire assez rude, mais bon n’empêche que c’est moche. Le premier contact avec les habitants ne sera guère meilleur (heureusement ça va s’améliorer ensuite) avec un conducteur de tramway con comme une teub qui refusait de faire le moindre effort pour m’aider alors que moi je donnais tout pour m’exprimer en japonais. ‘t’faire enculer là tu m’as gonflé.

Et puis histoire de surfer sur cette vague de bonne humeur…

Parc de la paix – musée de la bombe atomique

Les moyens financiers de la ville ne semblent pas vraiment comparables à ceux d’Hiroshima : ici le mémorial est très sommaire, pas franchement mis en valeur. Bon possible que ça relève simplement d’une envie de ne pas trop en parler, mais vu que les alentours sont pas franchement sublimes non plus c’est possible qu’ils aient juste un souci avec leurs architectes.

En tous cas, autant dans une grosse ville comme Fukuoka tout le monde s’en foutait, autant là j’attire l’attention. Des écoliers qui n’en reviennent pas que je sache dire bonjour dans leur langue, un monsieur qui vient de lui-même me parler dans un bon anglais pour savoir d’où je viens… ça rattrape un peu la première mauvaise impression.

J’ai zappé le musée pour cette fois, par manque de temps, mais même si je l’avais eu je pense pas que j’y serais allé vu que le musée d’Hiroshima m’avait déjà bien assez retourné le bide comme ça. Direction l’autre bout de la ville du coup, pour une double session temples. Enfin double et demie en fait puisqu’en me rendant vers le premier temple je suis tombé sur ça. Aucune idée du nom mais c’était joli.

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Le fait qu’il y ait plusieurs portes juxtaposées me fait penser que c’était peut-être un sanctuaire dédié à Inari, mais généralement on trouve aussi une statue de renard et je me souviens pas en avoir vu.

L’étape suivante est le Sofuku-ji, avec sa porte imposante et d’une forme peu commune au Japon.

Sōfuku-ji

Outre son architecture, ce temple bouddhiste construit en 1629 a ceci de particulier qu’il fut bâti par un moine chinois, ce qui explique d’ailleurs son apparence un peu différente de ce qu’on trouve habituellement au Japon. Il est du coup dédié à une déesse chinoise elle aussi, du nom de Mazu, protectrice des marins et des pêcheurs. La légende dit qu’elle était dotée d’un 6e sens, et que plutôt que de s’en servir pour aider des fantômes qui vomissaient sous son lit elle venait en aide aux navigateurs sur le point de se noyer. Un jour, alors qu’elle était occupée à travailler sur un métier à tisser et que son père et ses trois frères étaient partis en mer, ces derniers furent surpris par un typhon qui constituait de fait une menace relativement sérieuse et imminente pour leurs miches. Mazu tomba alors dans une sorte de coma mystique et entreprit d’aider sa famille en galère. Sa mère qui passait par là la vit endormie et s’écria « KESTUFOUS FEIGNASSE » ce qui réveilla Mazu et du coup elle n’eut pas le temps de sauver l’un de ses frères, qui se noya. Merci maman !

Le temple était sympathique sans plus, loin de la grandeur de ceux de Kamakura ou Koyasan par exemple. J’ai voulu en profiter pour récupérer un goshuincho, qui me servira un peu de fil rouge pour le voyage, mais ils en avaient pas. Du coup l’explication détaillant un peu de quoi il s’agit attendra que je puisse m’en procurer un, Samedi peut-être si j’ai de la chance.

Ce que j’ai trouvé par contre, c’est une dame très très bavarde, ce qui m’arrangeait pas vraiment vu que j’étais assez pressé, essayant tant bien que mal de respecter le parcours que je m’étais préparé tout en composant avec un retard de 2h30. Elle m’a expliqué que le personnel de ce temple était essentiellement chinois (normal après tout vu son origine), après y avait une histoire comme quoi les 5 temples de Nagasaki étaient tous gérés par le même staff et ça c’était pas clair, au bout de 30s à essayer de recoller les bouts avec les quelques mots de japonais que je connaissais j’ai fini par sombrer mentalement tel Sylvain Armand dans un match à enjeu. Après m’avoir expliqué 3 fois de suite comment me rendre au temple suivant, elle finit par me libérer et je file.

A 10 petites minutes se trouve le Kofuku-ji. Oui c’est presque le même nom, mais c’est pas pareil. Là j’ai pas vraiment trouvé d’anecdotes à son sujet donc on passe direct au photos. Comme ça, froidement.

Kōfuku-ji

Bon bah là c’est assez rapide, petit temple, donc quand on est comme moi et qu’on connaît pas grand chose aux religions (mais je me renseigne peu à peu) la visite se limite à regarder les bâtiments et là y en avait pas beaucoup.

C’est alors que je vis un autre truc super important : l’heure. 15h35, et pour me rendre à ma destination suivante il fallait prendre un train à 16h. Les trams étant irréguliers, et étant toujours choqué et déçu par le conducteur de ce matin, je décide d’y aller à pied. Je demande au temple combien de temps il faut pour aller à la gare, « oh, 30mn à peu près ». J’en ai 5 de moins, voire 10 en comptant le temps d’arriver jusqu’au train. Ce que l’homme japonais fait en 30mn, le patron devra l’accomplir en 20.

Donc je fonce, je fonce, me fiant à mon instinct vu que suite à des mésaventures électriques mon téléphone n’avait pas de batterie, je fais l’erreur de demander à des gens mon chemin, ils me répondent très gentiment mais, ignorant la course contre le destin que je mène, prennent un peu trop leur temps pour me confirmer en gros que je vais dans la bonne direction. A mesure que l’heure tourne, l’inquiétude grandit, mais je sens que je peux le faire et soudain c’est le drame : alors que la communauté internationale saluait avec émotion le (bref) retour de la santé du patron quelques heures avant, voilà que c’est la lucidité qui décide de poser un RTT sans préavis : alors que je n’ai plus qu’à tourner à droite, je file tout droit, droit vers la faute, droit dans le mur. Fallait-il continuer ce combat déjà perdu ? Pourquoi elle m’a fait un coup de pute comme ça Pasukaru ? Qu’est-ce qu’il aurait fait Toto à ma place ? Ces références obscures vont-elles cesser un jour ? A ce stade je suis confus, je ne sais plus où aller mais je décide de faire contre mauvaise fortune bon voyage et je me rabats vers la sûreté : un centre commercial.

Mais en fait j’ai juste acheté un tout petit truc, un carnet dont les pages sont prévues pour accueillir des tampons que l’on trouve dans la majorité des gares et des lieux touristiques. On le trouve généralement soit aux points de vente, soit au contrôle des billets, mais en cas de galère il suffit de se pointer à un guichet, de demander « eki sutampu ga arimasu ka ? » (le « eki » c’est juste dans les gares)  et ensuite y a plus qu’à s’amuser.

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à gauche : gare de Nagasaki. A droite : la prochaine destination.

 

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C’est un tout petit truc, pas beaucoup plus gros qu’un passeport. Trouvable uniquement en librairie.

En ressortant je fais un rapide crochet par le port où est amarré un très joli bateau.

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#FuckKonami

Ayant ainsi passé le temps et noyé mon chagrin dans des litres de mauvais café en canette, je décide de quand même me rendre à ma prochaine destination. Après tout il fait nuit relativement tard à cette période, même si là avec ce sale temps ça risque de pas être très vrai. Bref, me voilà reparti.

Huis ten Bosch

Ce parc d’attractions tire son nom d’un palais réel en Hollande, nommé… Huis ten Bosch, bien joué c’était pas évident à trouver, qui est l’une des trois résidences de la famille royale néerlandaise, parce que ouais une résidence ça leur suffit pas à ces sales riches. La tête au bout d’une pique ils se la pèteraient déjà un peu moins tiens. Enfin bref, c’est situé à La Haye (et ça me file un peu le venin de pas l’avoir su quand j’y suis allé) et ça signifie « La maison dans les bois ». Sauf que le Huis ten Bosch japonais n’est quant à lui pas du tout dans les bois, mais passons. L’endroit se décompose en deux morceaux : le jardin néerlandais, qui reprend toute l’imagerie du pays : les tulipes, les moulins, la reproduction du palais… ça a beau être « faux » l’endroit a un côté féérique indéniable. Mais Huis ten Bosch c’est aussi un parc d’attractions, là pour le coup on perd un peu la connotation hollandaise et on retrouve des attractions qui ressemblent à ce qu’on peut avoir n’importe où ailleurs. Et pour être honnête je m’en foutais éperdument, j’étais venu exclusivement pour le jardin. Alors j’avais lu je ne sais où que le jardin en tant que tel était gratuit.

Rétrospectivement je me demande comment j’ai pu être assez naïf pour y croire. C’est donc délesté de 3600Y que je rentre, parce que bon je me suis pas tapé toute cette route pour craquer à deux mètres du bol de sangria. Au point où j’en étais il s’agissait avant tout de faire contre mauvaise fortune bon rétablissement.

On retrouve effectivement l’ambiance néerlandaise, même le temps de chiotte est là on s’y croirait. Y a des moulins, y a des tulipes, une petite allée avec des loupiotes colorées passe des chansons occidentales comme « Poupée de cire, poupée de son » (qui m’a rappelé à quel point je déteste la voix de France Gall), une réinterprétation en dubstep de la musique de James Bond (très typique) ou encore la fameuse chanson « Hamster hamster in my ass » rendue célèbre par l’Apéro du captain. Jusque là, c’est certes joli mais il subsiste quand même un gros arrière-goût de « putain 30 balles pour ça ». Et puis soudain j’aperçois un truc au loin.

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C’est pas clair, essayons de zoomer.

 

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Il fallait bien se rendre à l’évidence : j’étais décidément nul à chier pour prendre des photos. Pas le choix faut y aller, je me fie à mon sens de l’orientation et fais route vers ce mystérieux monolithe. QUAND SOUDAIN

.

Et c’est là que tout a pris sens : le destin ne m’avait pas fait de sale coup en me faisant rater mon train, il m’avait au contraire remis dans le droit chemin. Plutôt que de juste voir des fleurs, je me suis retrouvé à assister à un magnifique spectacle son et lumière, alors que normalement ces illuminations n’ont lieu qu’en hiver. Bref, j’ai grave chatté et après les galères rencontrées jusqu’à présent ça fait plaisir.

J’ai aussi fait quelques vidéos, mais n’ayant que moyennement envie de fracasser mon maigre quota d’internet je vais attendre de pouvoir squatter un WiFi illimité pour les rajouter

Je termine par un endroit où j’aurais bien voulu aller mais en fait non, ça faisait déjà trop de trajet en se levant à l’heure alors là n’en parlons pas : Shimabara. Son château est complètement fou, d’une hauteur assez démente, un vrai concours de qui a la plus grosse on se croirait à La Défense.

Bon bah voilà, ça aurait été cool mais ça sera pas pour cette fois.

Rentré à 23h passées, j’ai tenté d’aller manger un truc aux alentours, sans prendre mon téléphone vu qu’il était HS et en me disant que j’arriverais bien à me repérer tout seul : faute. Heureusement je suis tombé sur un type très sympa qui a pris le temps de me montrer comment rentrer, et je me suis finalement aperçu qu’il y avait un resto de ramen juste à côté de l’hôtel #GG

En tous cas la morale de cette journée c’est : suivez vos rêves. En faisant contre mauvaise fortune bonjour chez vous, j’ai réussi à convertir une journée qui partait pour être bien claquée en un moment astralo-interstellaire, et ça c’est beau.

Comme évoqué en introduction, Nagasaki a la particularité de proposer des spécialités locales, mais aussi d’autres d’inspiration occidentale, qu’elle s’est appropriées au fil des siècles.

On passera rapidement sur les aliments trouvables un peu partout au Japon mais dont Nagasaki est particulièrement spécialiste : fruits de mer (le fait d’être une ville côtière aide, mais bon au Japon la majorité des grandes villes sont côtières), huîtres, le boeuf (celui de Nagasaki est l’un des plus réputés) ou encore le fugu, ce fameux poisson-ballon dont la chair peut être toxique si elle est mal découpée. Et qui, d’après ce que j’en ai entendu dire, est très loin de valoir le prix (élevé) généralement demandé.

Ne connaissant pas suffisamment la ville je ne saurais pas dire quelle est LA spécialité incontournable. J’ai l’impression qu’il y en a plusieurs, mais les locaux semblent particulièrement fiers du shippoku (卓袱料理), qui n’est pas un plat à proprement parler mais plutôt un assortiment de mini-plats, un peu à l’image de la cuisine de luxe (kaiseki). Mais la particularité du shippoku c’est qu’on y retrouve un peu tout l’héritage de Nagasaki : s’y mélangent la cuisine japonaise, chinoise, mais aussi occidentale. On y retrouve du porc braisé, des tempura (fritures japonaises à base de légumes ou fruits de mer en général), du poulet frit, et beaucoup d’autres choses.

Forcément ça donne un truc assez imposant :

source image : http://www.thelondonfoodie.co.uk/2012/01/london-foodie-goes-to-japan-kyushu.html

Où en trouver : la plupart des restaurants un peu chicos en proposent, mais Kagetsu (2-1 Maruyamamachi) est l’un des plus réputés. Bon par contre c’est de la nourriture haut de gamme donc ça douille violent (= j’y suis pas allé). Le plus simple reste sûrement de regarder les devantures et de chercher quelque chose qui ressemble à la photo ci-dessus.

Autre plat très populaire ici, et je l’évoquais en intro, celui-là est directement inspiré de la gastronomie portugaise : il s’agit de la castella (カステラ), gâteau spongieux fait à base de farine, de lait et d’oeufs. « Comme la majorité des gâteaux » me direz-vous, mais cessez d’être désobligeants merci. Elle dérive d’un gâteau portugais de même nom, mais apparemment (moi j’y connais rien c’est wikipedia qui le dit) sa plus proche cousine serait le pão de ló. Bref, ça se présente comme ça (et c’est super bon) :

source Wikipedia

Où en trouver : à peu près n’importe quelle pâtisserie et magasin de souvenirs en vend, j’en ai vu à plein d’endroits à commencer par la gare. 

Après ces plats relativement réjouissants, on en attaque un autre qui me fait déjà un peu moins rêver : le champon (ちゃんぽん). Pour résumer très simplement, c’est la variante locale de la soupe de nouilles. Pas exactement un ramen mais on s’en approche très fortement. La base du plat, c’est de faire revenir des morceaux de porc, des légumes et des fruits de mer dans du gras de porc (on en profite pour passer le bonjour à nos lecteurs musulmans et juifs), et de plonger tout ça dans un bouillon à base d’os de poulet et de porc, avec des nouilles spéciales (un peu plus fines que les ramen). Vu que la liste des fruits de mer est rarement précisée (et qu’il y a de grandes chances que les huîtres en fassent partie), pour ma part c’est non.

source : Wikipedia

Où en trouver : vu que c’est le plat typique le plus abordable (compter environ 1000Y, parfois moins), aucune difficulté pour en trouver, la plupart des restaurants en ont. Tous les restaus devant lesquels je suis passé avaient des affiches très reconnaissables, ça devrait pas être difficile. En cas de galère cherchez un restau qui affiche ちゃんぽん, comme ici. Le plus réputé semble être Shikairo (4-5 Matsugae-machi).

 

Et le petit dernier pour la route, spécialité de Shimabara (pas exactement à côté de Nagasaki mais dans la même préfecture donc ça compte) : le guzōni. Il s’agit à nouveau d’une soupe mais très différente puisqu’elle est majoritairement composée de gros gâteaux de riz (mochi), dans un bouillon à base de légumes et de fruits de mer. Bon malheureusement je suis pas allé à Shimabara donc pas eu l’occasion de tester, de toutes façons avec la présence de fruits de mer suspects pas dit que j’aurais tenté*. Y aura potentiellement l’occasion de se rattraper, car le guzouni n’est qu’une variante d’un genre plus large (zōni) qui regroupe l’ensemble des soupes contenant ces fameux gâteaux de riz.

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source : Wikimedia

Où en trouver : pas simple. C’est un plat très local, donc déjà il faut aller à Shimabara (à 2h de Nagasaki ou 3h de Fukuoka) et en plus c’est saisonnier, généralement on le trouve surtout au nouvel an et pour les festivals. Il semblerait néanmoins qu’un restaurant à l’entrée du château en propose un peu tout le temps. Cherchez Himematsuya (1-1208 Jonai).


* si cette méfiance envers les fruits de mer vous intrigue, voir la fin de cette note pour savoir ce qui se passe généralement quand je mange des fruits de mer.

Comme chaque jour, on regarde les principaux arguments de la préfecture de Nagasaki, à travers ses cartes gotochi.

nagasaki

2009 : le jardin Glover (グラバー邸) de Nagasaki, résidence de Thomas Glover que j’évoquais dans le petit texte introductif sur la ville.

2010 : ce dragon un peu angoissant fait référence au festival Kunchi (長崎くんち) qui a lieu tous les ans début Octobre. Il semble aussi peu rassurant en vrai, et a plein d’autres potes flippants comme par exemple le poisson géant sous LSD.

2011 : j’y reviens pas, c’est la cuisine shippoku (卓袱 料理) déjà détaillée dans le coin bouffe.

2012 : UN CHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAT KAWAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!! Bon en réalité c’est un chat léopard de Tsushima (ツシマヤマネコ), qui est une race sauvage donc probablement pas si mignonne que ça quand on en a un en face. Ce qui est peu probable, l’espèce étant malheureusement menacée et essentiellement visible dans des zoos, ce qui n’est guère plus encourageant surtout vu la gueule des zoos japonais. Le chat de Tsushima a également fait l’objet d’un croisement avec des chats domestiques, pour donner une espèce trouvable en France (à un tarif démentiel) sous le nom de Bengal.

2013 : c’est Nagasaki, mais de nuit (長崎夜景). Pas eu l’occasion de voir ça moi-même vu que ça aurait été compliqué de rentrer sur Fukuoka ensuite… pour avoir cette vue il faut se rendre au mont Inasayama, voir ici pour plus de détails (en anglais).

2014 : un plat dont je n’ai pas parlé, le sara udon (皿うどん). C’est en fait la même chose que le champon au niveau des ingrédients, seulement au lieu d’être mis dans un bouillon le tout est disposé dans une assiette, sur les nouilles. Qui peuvent être soit épaisses et molles comme dans un ramen, soit fines et croustillantes. On parle alors de nouilles pari pari, et le premier qui dit « on t’encule » je promets je viens chez lui je le défonce.

2015 : c’est Hashima, l’île fortifiée qui est aujourd’hui davantage connue sous le nom de Gunkanjima, littéralement « l’île vaisseau de guerre ». Avec un nom pareil on se doute bien qu’elle a pas été créée pour vendre de la barbapapa. L’histoire de l’île est assez glauque : après qu’un gisement de monsieur houille y ait été découvert, l’île fut rachetée par Mitsubishi (qui à l’époque était davantage versé dans l’armement que dans les voitures) qui installa ses mineurs sur place. Mais elle est surtout tristement connue pour avoir été un centre d’emprisonnement de prisonniers coréens lors de la guerre entre les deux pays. Alors forcément, quand le Japon  a obtenu en 2015 que Gunkanjima soit inscrite au patrimoine de l’Unesco, les coréens du sud ont été moyen contents. Ceux du nord on sait pas, le peuple a juste le droit de se taire et le chef est jamais content de toutes façons. Très fortement peuplée après la guerre, Gunkanjima a pris de plein fouet le déclin de popularité de la houille et est désormais une île déserte, que des touristes peuvent aller visiter avec un guide. Mais elle fait aussi, de façon moins légale, le bonheur des aventuriers fans de haikyo, le nom japonais désignant la visite clandestine de lieux abandonnés. Ca tombe bien, l’un des experts en la matière est justement francophone : http://jordymeow.fr/gunkanjima/

2016 :

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Non pas ce soir, j’ai la migraine.

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