26 Avril : Alone in the park 2


 

 

 

 

 

 

 

 

Iwakuni : la gare shinkansen (Shin-Iwakuni) est à 1h30 d’Hakata, mais il faudra rajouter 30mn pour se rendre à Nishi-Iwakuni, la gare la plus proche du pont.

  • Pont Kintai
    • 300¥ pour la traversée aller-retour
    • Un bus y mène directement depuis la gare shinkansen (Shin-Iwakuni), pour 350¥ aller simple.
  • Château
    • Bon déjà y a une belle vue depuis le pont, mais un peu lointaine. Je tenais à ce que vous le sachiez.
    • Si vous voulez vous approcher du château (ce que je n’ai pas fait), un téléphérique vous y emmène depuis le parc situé après le pont. Je crois me souvenir que c’était pas écrit en anglais donc cherchez un panneau avec ロープウエイ (ropeway) marqué dessus, c’est tout au fond du parc.
    • Je vous conseille dans ce cas le pass à 940¥ qui couvre tout : pont, téléphérique, et visite du château.

Fukuoka

  • Umi no nakamichi Seaside Park
    • Environ 1h depuis Hakata (lignes JR, couvertes par le pass)
    • 410¥ pour entrer dans le parc, ensuite certaines attractions font l’objet d’un paiement supplémentaire.
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Iwakuni - Fukuoka

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Iwakuni - Fukuoka: 33.590355, 130.401716
Drapeau de Fukuoka-shi

Préfecture : Fukuoka

fukuoka

fukuoka_ville

fukuoka

Globalement, quand on pense à Kyūshū, deux choses viennent à l’esprit : ceux qui sont peu au fait de la géographie du Japon déclarent généralement « ça c’est quoi ça », tandis que pour les autres cette île évoque surtout une idée « d’insectes de mes couilles ». Enfin peut-être pas TOUS les autres, mais moi en tous cas clairement. Heureusement Fukuoka, étant située au sud-du-Japon-mais-pas-trop, parvient à échapper à ce fléau.

Première grosse ville de Kyūshū pour qui arrive depuis la grande île de Honshū au nord (certains argueront qu’on peut arriver par le sud depuis Okinawa mais ne faisons pas de cas de ces originaux), Fukuoka est la plus grande ville de l’île. Jusqu’en 1889 elle était en fait composée de deux villes (Fukuoka et Hakata), qui ont fusionné depuis, même si la ville possède du coup deux centres. Mais dès lors qu’on prend le train, c’est bien la gare de Hakata qu’il faut chercher et non celle de Fukuoka, qui a en revanche donné son nom à l’aéroport comme ça tout le monde est content.

Fukuoka a eu l’honneur de se manger pendant un peu moins de 10 ans des invasions mongoles, menées par l’illustre Olaf Olafss- ah non merde je me suis trompé de voyage. Elles étaient menées par Kubilai Khan, petit fils de Genghis. Et Kubilai il avait très envie de venir manger des ramen à Hakata, alors en 1274 il tente sa chance une première fois. Verdict:

Pas de bol (pour lui, les japonais eux étaient plutôt contents j’imagine), la mer est agitée et il rencontre Mme Tempêtedanstaface qui l’éconduit poliment. Pas fous, les samurai qui tenaient Hakata à l’époque bâtissent une barrière de 2-3m de haut sur 20km de long, au cas où l’idée viendrait aux Mongols de retenter leur chance. Et elle leur vint l’idée, évidemment, en 1279. Mais ils la jouèrent un peu plus finement cette fois, et envoyèrent 5 émissaires. Ca s’est pas passé super bien pour eux, le régent de l’époque les fit venir à Kamakura (soit le trajet inverse de ce que j’ai fait hier, et à l’époque y avait pas le shinkansen donc ça a dû leur prendre un peu plus que 6 heures), et puis finalement il décapita les 5 histoire que le manque de respect soit total.

Pas très content, Kubilai lança une nouvelle attaque en 1281, après un léger renforcement de son armée (genre 140 000 soldats et 40 000 navires). Et re-paf, alors que les gars approchaient des côtes nippones, voilà qu’ils se re-mangent un typhon, probablement pendant que le régent les observait depuis la côte en criant « TU VAS FAIRE QUOI BATARD TU VAS FAIRE QUOI RESPECTE LA PUISSANCE ».

Ce typhon miraculeux (vu le déséquilibre des forces les japonais se seraient fait totalement ouvrir si l’ennemi avait touché le sol) fut appelé « vent divin », ou kamikaze (et ça se prononce kazé, pas kaz) en japonais. Ouais à l’origine ça avait quand même un sens un poil plus poétique que celui que l’armée japonaise lui a donné pendant la guerre.

De nos jours, la ville est surtout connue pour être un point d’échange commercial et culturel avec le reste de l’Asie, son placement en faisant notamment une bonne porte d’entrée depuis la Corée du Sud.  Elle dispose également de beaucoup de musées d’art, mais les meilleurs atouts de Fukuoka sont ailleurs, ils sont en fait un peu partout dans la ville : ce sont les yatai, des petits stands de restauration à ciel ouvert, rarement prévus pour accueillir plus de 10 personnes, qui permettent de manger à peu de frais et dans une ambiance conviviale. On y trouve notamment le Hakata rāmen, l’une des principales spécialités de la ville.

Maintenant que vous êtes familiarisés avec Fukuoka, il est l’heure de donner (enfin) le vrai coup d’envoi de ce voyage, avec une première balade… hors de Fukuoka, c’était bien la peine. Mais en gros j’ai dû changer mes plans un peu à la dernière minute parce que l’endroit où je comptais aller n’était pas encore aussi fleuri qu’espéré, sans parler du fait qu’un système de réservation venait tout juste d’être mis en place et que je n’avais absolument pas eu le temps de m’occuper de ça.

Du coup plan B, je fais dès maintenant un truc qui était plutôt prévu pour la semaine prochaine et qui m’offre près de 4h aller-retour de train pas vraiment prévues. Mais bon je n’avais fait que 9h de train hier, mon corps en redemandait. Direction la préfecture de Yamaguchi et plus précisément la ville d’Iwakuni.

Iwakuni

Et que trouve-t-on donc à Iwakuni ? Eh bien pas énormément de choses, c’est une petite ville franchement discrète, mais le peu qu’on y trouve vaut le détour avec notamment un très joli pont qui sera l’objet principal de la visite.
Nommé Kintai-kyō, ce pont a été contruit en 1673 par le seigneur de l’époque, pour remplacer une série de ponts en bois qui préexistaient jusqu’à ce que plouf, inondation, ils sont où les ponts ils sont plus là les ponts. Le Kintai-kyō fut donc bâti, toujours en bois mais cette fois avec des piliers en pierre, pour éviter les inondations justement. Un an plus tard la mer intérieure déclara « c’est non ! » et le pont fut à nouveau flingué par une inondation. Nouvelle reconstruction, nouveaux piliers encore-plus-solides-cette-fois-je-promets, rénovation tous les 20 ans au cas où… et là cette fois c’est bon, le pont tient, les habitants sont saucés, mais en 1950 la mer, contrariée de plus pouvoir faire sa loi, va chercher son grand frère le typhon et évidemment ça se passe mal, d’autant que l’entretien du pont avait cessé durant la guerre, les gens étant davantage focalisés sur des occupations telles que se planquer pour éviter les bombes américaines. Accessoirement en 1949 ces mêmes américains, qui occupaient la zone, ont vu un gros tas de gravier et se sont dit que ça ferait super joli dans leur base. Sauf que le gravier servait à modérer l’intensité des flots de la rivière, ce qui n’aida pas franchement quand le typhon se pointa.

Mais bon, tout est bien qui finit bien, en 1953 le pont fut reconstruit, avec cette fois des implants en métal pour renforcer encore un peu plus le tout, et n’ayant plus d’américains pour voler le gravier environnant le Kintai-kyō continue de se porter fièrement à ce jour.

Umi no nakamichi kaihin-koen

Après avoir bien profité de cette petite merveille d’architecture et de son parc, retour sur Fukuoka, mais toujours pas le centre ville puisque la seconde étape (et dernière, la fièvre m’ayant collé au lit 2 bonnes heures de plus que prévu à l’origine il a fallu adapter le planning) du jour est le Umi no nakamichi Seaside Park, avec des fleurs et cette fois pas besoin de réservation pour les voir. Comme son nom l’indique, on est ici dans un parc côtier. Et ce ne sont pas les activités qui manquent, surtout à cette saison. Outre les fleurs multicolores, le parc propose aussi un zoo, un marineland, des jeux de plein air comme un trampoline géant (réservé aux enfants malheureusement, j’étais très triste), bref y a de quoi faire et l’endroit est vaste (4km de long).

Voilà, ça c’est pour la partie « je traduis ce que j’ai lu sur les sites touristiques ». En pratique voilà comment ça s’est déroulé : parti d’Iwakuni beaucoup plus tard que prévu j’arrive à la gare d’Umi-no-nakamichi dans un état assez précaire. Il est 16h30, heure à laquelle ont lieu les toutes dernières entrées vu que le parc ferme une heure plus tard. La dame à l’entrée me demande donc d’être de retour d’ici 17h30 et m’indique où se trouve ce que je recherche. Ce qu’elle oublie de me dire c’est que c’est genre grave loin et qu’il faut près de 30mn pour s’y rendre à pied. Faites le calcul, ça laisse pas beaucoup de temps pour profiter de la vue.

Bref je me lance et au bout de quelques minutes, un constat s’impose : c’est VIDE, un vrai no man’s land. Alors ok on est en semaine, les honnêtes gens travaillent plus pour gagner plus, mais là c’est impressionnant comme y avait personne, l’immensité du parc n’aidant pas. Sur la route je tombe sur un jardin de roses.

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Bon y en avait genre 5 donc le terme de « jardin » est un peu exagéré, mais ça devait pas être la bonne période.

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Et enfin, j’aperçois ce pour quoi j’ai fait tout ce chemin.

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Regardez comme il est beau.

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J’ai envie de me frotter des heures durant à tes poteaux vigoureux <3 jtm bb

Au fond y avait un truc qui a attiré mon attention aussi, encore des fleurs.

Et enfin, la dernière étape du jour, cette fois c’est bien dans le centre de Fukuoka que ça se passe avec le parc Ohori.

Et puis ensuite il a fallu repartir car le parc fermait. L’occasion d’une nouvelle marche en solitaire, mais avec la lumière du jour qui baissait en bonus histoire de renforcer l’aspect un peu anxiogène du truc. La question se pose, car les français ont le droit de savoir : est-ce que ça valait le coup ? Bon bah sans surprise, pas trop non. L’entrée n’est pas chère mais le parc dégageait une impression plus glauque qu’autre chose, le fait d’y être allé en semaine et vers la fermeture n’a pas dû aider. Pour ce qui est des fleurs, quelques jolis trucs mais il faut avoir la chance de tomber sur la bonne période. Une sortie évitable donc, mais que voulez-vous, mon côté fleur bleue a pris le dessus.

Je repars donc sur Fukuoka déçu, fatigué et surtout enfiévré. A ce stade c’est même pas au bout du rouleau que je suis, j’ai terminé le carton et ai commencé à utiliser mes doigts. Pour ne rien arranger il flotte fortement, j’ai ni parapluie ni capuche, bref c’est la merde. Mais j’avais décidé que cette journée se finirait sur une bonne note, et quand le patron décide, le patron obtient.

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Je termine ma journée ainsi, allégé d’une certaine quantité d’argent mais satisfait. Je zappe la case repas pour ce soir (à regret, Fukuoka a beaucoup à offrir de ce point de vue), dodo à 22h. Et endormi à 2h passées, mais bon ça c’est un détail.

https://www.youtube.com/watch?v=dUmV5eir_CQ

On attaque donc ici les sections bonus : ce qui va suivre ne sera que vaguement lié au programme de la journée (mais un petit peu quand même). Histoire de pas se retrouver avec une page à rallonge j’ai choisi de réduire par défaut les sections, ça aère un peu et puis si une section vous intéresse pas c’est plus simple de la zapper comme ça.

Mais cette année, fini le « j’ai mangé ci, j’ai mangé ça », on va taper un peu plus large et plutôt s’intéresser aux spécialités culinaires du coin. Ca revient de toutes façons un peu au même vu que je m’efforce chaque jour de tester au moins un truc local.

La plupart des restaurants dans les coins touristiques (Fukuoka en est un) proposent de quoi s’en sortir quand on ne parle pas japonais : dans l’idéal des menus en anglais, mais sinon la devanture affiche souvent des reproductions en plastique des plats offerts, et les menus sont accompagnés de photos qu’il vous suffira de montrer du doigt même si c’est très impoli.
Mais au cas où ça serait pas le cas, je précise à chaque fois l’écriture japonaise. Après, une fois dans le restaurant, si vous voulez tenter de commander en japonais j’ai écrit un article sur ça. Pour les rāmen  il se peut qu’il faille affronter une intimidante machine pour passer commande, là encore j’ai détaillé le processus sur la page.

LE plat emblématique de Fukuoka est quelque chose qui commence à être de plus en plus connu en France, même s’il reste difficile de s’en procurer en dehors de Paris, c’est le rāmen. Importée de Chine à la base, cette soupe à base de nouilles de blé est devenue l’un des plats les plus répandus au Japon, et beaucoup de préfectures possèdent leur propre variante. Mais vu qu’il y a beaucoup à dire, je vous invite à consulter la page que j’ai dédiée aux rāmen pour en savoir un petit peu plus.

Et à Fukuoka, ou à Hakata plus précisément, la variante c’est le tonkotsu rāmen (豚骨 ラーメン), avec son bouillon à base d’os de porc. Déjà de base un rāmen ça a tendance à bien caler, mais alors celui-là en particulier a quoi mettre votre estomac en veilleuse pendant un bon moment. Ca se présente comme ça :

source : Wikipedia

C’est super bon mais c’est à éviter le midi si vous comptez être un minimum actif, la digestion de ce plat est rude. Sur Fukuoka ils ne sont pas bien durs à trouver, les petits yatai (voir encadré sur la ville) en proposent généralement. Sinon, la franchise Ippudo, qui a récemment ouvert un restaurant à Paris, est spécialisée là-dedans.

Où en trouver : les yatai sont nombreux dans le quartier de Nakasu, quant à Ippudo ils ont de nombreuses enseignes en ville. Perso je suis allé à celui situé au 1-13-14 Daimyo parce qu’il était près de mon hôtel, mais cherchez sur Google sinon y en a plein d’autres. Si besoin cherchez les enseignes comportant l’expression ラーメン  (exemple).

Autre spécialité locale, le mentaiko (明太子)Bon là je préviens, je déteste ce truc donc va pas falloir compter sur moi pour vous donner envie d’y goûter. Le mentaiko, c’est un plat à base d’oeufs de cabillaud, enfin techniquement on appelle ça la rogue plutôt que les oeufs. La rogue, c’est quoi ? C’est les gonades des femelles, les ovules si vous préférez, qui sont prélevées à la mort du poisson avec les oeufs non pondus dedans, et qui sont ensuite salées et présentées en tant que plat. Ca donne envie hein ? La version de Fukuoka rajoute généralement du piment par dessus, mais ça reste globalement atroce. Même d’apparence c’est affreux, je vous laisse consulter l’article Wikipedia si vraiment vous y tenez.

Voilà, maintenant allez faire un petit tour dehors pour évacuer cette nausée et revenez quand vous irez mieux.

Où en trouver : débrouillez-vous, moi je cautionne pas ça. Si vraiment vous en cherchez, suivez les traces de vomi, ça devrait vous faire remonter à la source. Sinon en japonais ça s’écrit 明太子, mais vu que ce n’est pas un plat majeur je ne sais pas si c’est écrit sur la devanture des restaurants. En même temps, qui s’en vanterait ?

C’est bon ? Alors on continue, rassurez-vous les trucs infâmes c’est fini. Le plat suivant est le motsunabe (もつ鍋)variante locale du nabe qui est un plat se présentant sous forme de fondue, ici à base de tripes de porc (bon ok j’ai menti les trucs infâmes c’était pas complètement fini), de chou, d’ail, de ciboulette et de piment, le tout dans un bouillon de sauce soja ou de miso. Voilà la tête du machin :

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source Wikipedia (vous allez le lire souvent ça)

Où en trouver : si vous y tenez tant que ça, ce restaurant semble être l’un des principaux de la ville : Hakata Motsunabe Yamanaka Akasakaten (1-9-1 Akasaka, Chuo), qui est à l’étage du supermarché Sunny.

Enfin, Fukuoka est aussi supposée être la ville par laquelle les japonais ont découvert les gyōza (ギョーザ) (là encore, cf la page dédiée pour plus d’infos sur ce cadeau des dieux). Pour faire très court les gyōza sont des petits raviolis frits, importés de Chine, et généralement farcis de porc ou de légumes. La recette n’est pas spécialement différente ici par rapport à d’autres endroits au Japon, mais de par leur aspect « historique » ils sont considérés comme un plat local et ça serait bien dommage de s’en priver, surtout après toutes ces horreurs.

source : http://www.fukuoka-now.com/en/article/tetsunabe/

source : http://www.fukuoka-now.com/en/article/tetsunabe/

Où en trouver : un peu partout, mais ceux du restaurant Tatsunabe (2-20 Gionmachi, Hakata) sont particulièrement connus.

Nouvelle rubrique ! Ceux qui me connaissent le savent: j’aime collectionner des trucs à la con, et je trouve chaque année de nouveaux prétextes pour en trouver d’autres. En 2014, très peu de temps après être rentré de mon premier voyage au Japon, j’ai découvert l’existence des [[http://mochimochijapan.blogspot.fr/2014/05/collection-de-cartes-gotochi-card-j-5.html|gotochi cards » alt= » » width= »640″ height= »480″ /> » alt= » » width= »640″ height= »480″ />. Ce sont des cartes postales japonaises, qui ont pour particularité d’avoir une forme variable en fonction de ce qu’elles représentent et surtout qui ne peuvent être achetées que dans les bureaux de poste de la préfecture correspondante. Du coup si on veut une carte spécifique (il y en a à l’heure actuelle 8 par préfecture, une par an depuis 2009), eh bah pas le choix il faut aller dans un bureau de poste sur place. Evidemment le mieux est de visiter l’endroit associé à chaque carte qu’on achète, sinon ça perd un peu de son intérêt. Étant représentatives de leur préfecture, les gotochi sont souvent un bon moyen de se donner une idée de ce qu’il y a à voir (ou manger) dans les parages.

Chaque jour je ferai donc une brève description des cartes de la préfecture, et pour ceux que ça tente je donne aussi l’adresse du plus gros bureau de poste des alentours pour aller s’en procurer soi-même. Pour davantage d’infos sur les gotochi, je leur ai dédié une page spéciale.

Aujourd’hui donc, Fukuoka.

fukuoka

2009 : on en parlait juste avant, c’est le « fameux » mentaiko (めんたいこ). Ne m’obligez pas à y revenir, s’il vous plaît.
2010 : là encore, si vous avez suivi vous savez ce que c’est. Et pour les distraits, c’est le tonkotsu ramen (とんこつラーメン), une vision bien plus réjouissante.
2011 : histoire que les cartes ne soient pas non plus toutes dédiées à la bouffe, celle-ci représente le Festival Hakata Gion Yamakasa (博多祗園山笠), célébré tous les ans durant la première quinzaine de Juillet et connu pour ses immenses chars.
2012 : et on revient direct à la nourriture, là normalement je n’ai pas à vous expliquer ce que c’est. Les fraises sont très appréciées au Japon, et cette variante nommée amaou (あまおう) est une spécialité de Fukuoka. Plus d’infos ici, mais c’est en anglais.
2013 : Fukuoka est une ville côtière, et elle est également traversée par un grand fleuve nommé Yanagawa. Les croisières en bateau qu’il est possible d’y faire (柳川川下り) sont ici à l’honneur.
2014 : place à l’artisanat local ici, avec les poupées de Hakata (博多人形). Très populaires fut un temps, elles sont aujourd’hui tombées en désuétude et il ne reste plus que quelques artisans en produisant.
2015 : retour à la nourriture évidemment (Fukuoka est vraiment réputée pour ça en même temps), et on en a déjà parlé c’est le motsunabe (もつ鍋).
2016 :

Et voilà pour le point culture ! J’espère que ça vous a plu, vous y aurez droit tous les jours. Et si jamais les gotochi cards vous intéressent, voilà un blog en anglais qui leur est dédié, avec des infos nettement plus détaillées que les miennes sur certaines cartes : https://postacollect.wordpress.com

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Un autre nouveau rendez-vous immanquable : de temps en temps (sans doute pas tous les jours) et en partenariat exclusif avec Pierre Berumaru, je vous présenterai un conte ou une légende en rapport avec un lieu visité dans la journée. Bon aujourd’hui non parce que c’est un lieu que je n’ai finalement pas visité dans la journée, mais le reste du temps ça sera le cas. Peut-être.
Aujourd’hui vous sera relatée la tragique histoire de Michizane Sugawara, l’homme qui aimait trop les prunes.
Né en 845 d’une famille de savants au service de l’empereur, Michizane développe très jeune une fascination pour les pruniers. Dit comme ça je sais ça paraît étrange, mais un prunier japonais en fleurs c’est vrai que c’est plutôt joli.

Et il les aime ses premiers notre garçon, à tel point qu’à l’âge de 5 ans, quand la plupart des mioches sont encore occupés à repeindre les murs de la maison avec leur caca (ne mentez pas, on l’a tous fait), Michizane lui il écrit des poèmes, qu’il dédie évidemment à la communauté internationale des pruniers. Voici ainsi son premier waka, qui n’a rien à voir avec une chanson de merde de Shakira mais est une forme de poésie.
Oh, quels beaux pétales rouges de prune !
J’ai envie de recouvrir mes joues avec.
Ouais bon, il avait 5 ans après, faut pas s’attendre à du Baudelaire. Il continua de s’améliorer en poésie mais devint également rompu aux arts de la diplomatie, ce qui lui permit de prendre un peu de l’influence au sein de la cour impériale. A tel point que lorsque l’empereur prit sa retraite, il conseilla à son successeur de de confier toutes les tâches importantes à Michizane.
Seulement quand on se retrouve dans ce genre de position, ça crée généralement des inimitiés et le clan Fujiwara, pas très ravi de la situation, commença à comploter contre lui avec Minamoto no Hikaru, qui lui avait carrément des vues sur le trône. Leur projet : faire croire à l’empereur que Michizane essayait de la lui faire à l’envers. Foutaises ! C’était les ragots des jaloux, et quoi qu’on en dise, Michizane s’amusait beaucoup. Mais l’empereur, sans doute un peu malléable, finit par les croire et Michizane fut banni à Dazaifu, petite ville qui existe encore de nous jours et qui est située tout près de Fukuoka.
Notre héros quitta Kyoto en pleurs, et eut tout particulièrement le coeur brisé à l’idée de quitter :
A) Sa femme
B) Ses enfants
C) Sa salle de pachinko favorite
D) Son prunier
Réponse D, évidemment ! Il lui dédia donc l’un de ses poèmes les plus connus :
Si le vent d’Est souffle par ici
Ô, pétales de prunier
Envoyez-moi votre parfum
N’oubliez jamais le printemps
Même si votre maître n’est plus là
Là on quitte l’histoire façon Bellemare et on entre directement dans du Jacques Pradel : l’arbre fut si triste lui aussi qu’il se déracina et vola jusqu’à Dazaifu retrouver son maître.
prunier

Le prunier trône toujours aujourd’hui à Dazaifu, dans le temple principal (Honden).
3 ans plus tard, et malgré la compagnie de son prunier volant, Michizane mourut après avoir longuement souffert de son exil. Seul son serviteur et quelques voisins assistèrent à ses funérailles, ces sales raclures d’impériaux n’ayant pas daigné faire le déplacement. Et alors que son cercueil était sur un chariot tiré par un taureau, ce dernier s’arrêta soudainement et refusa de repartir, tel une Lada capricieuse. Les proches de Michizane considérèrent qu’il s’agissait là d’un signe, et il fut donc enterré exactement à cet endroit. On y retrouve d’ailleurs aujourd’hui une statue de bronze, dédiée à ce taureau qui décida un jour que « merde, on voit que c’est pas vous qui le tirez le truc, moi je m’arrête là ».
Mais l’histoire de s’arrête pas là, c’est en fait maintenant qu’elle devient rigolote : le karma décida de s’en mêler, et ainsi tous les salopards qui avaient comploté contre Michizane se mirent à recevoir le châtiment : incendies, peste, coup de foudre (littéral, pas le truc hollywoodien après lequel courent les filles sur meetic), rien ne leur fut épargné. Commençant légitiment à se chier dessus face à un tel déchaînement, les Fujiwara tentèrent d’apaiser la colère des dieux en construisant un immense temple (le Kitano Tenmangu) en l’honneur de Michizane. Ce dernier vit également son honneur lavé à titre posthume, ses titres restaurés, il atteint même un grade plus élevé encore et finit par carrément être élevé au rang de divinité, parce que visiblement les Fujiwara étaient aussi consciencieux pour fayoter que pour faire des coups de pute.

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