14 Novembre : Rouge rouge comme ta mère


  • Kanazawa
    • 2h15 depuis Kyoto, couvert par le JR Pass. Vu la durée du trajet il va sans dire que la facture pique un peu sans ledit pass.

Les maisons de samurai sont, de façon assez étonnante, gratuites pour la plupart. La maison des Nomura fait exception avec une entrée à 500¥. Le Kenrokuen coûte 310¥ (l’entrée hein, le jardin dans sa globalité doit être un peu plus valeureux que ça), et si vraiment vous êtes au bout de votre budget c’est gratuit entre 5h et 7h du matin, bon courage. Quant au château, ses alentours sont comme d’habitude gratuits mais il faut en revanche payer 310¥ pour visiter l’intérieur, ce que je n’ai pas fait vu que l’extérieur ne m’avait pas donné spécialement envie.

Enfin, l’entrée du musée / maison de commerçant est à 100¥, à ce tarif c’est cadeau y a plein de trucs intéressants à voir.

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Kanazawa

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Kanazawa: 36.578317, 136.648464

Voilà le moment tant redouté: mon dernier jour de promenade au Japon pour cette année. Je dis bien pour cette année: il reste trop de choses à voir pour que je me contente d’un seul voyage ici.

Avec des affiches pareilles on pourrait croire à un combat de catch, mais non ça semble être un tract politique.

La thématique du jour, c’est le rouge. Ca commence par un nouveau tour à Inari et son alignement de portes. De jour cette fois, l’expérience nocturne m’ayant suffi. Je me pointe à 8h30, au moins cette fois je serai tranquille, pas de risque d’être emmerdé pour les photos.

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Bon en marchant un peu j’ai quand même pu obtenir quelques bons clichés, quitte à viser au dessus des inévitables sacs à douche (italiens, cette fois) qui tenaient absolument à prendre des poses tiep devant les portes. Bon chacun son truc après tout, j’ai fait preuve d’un mépris respectueux.

Le petit tour terminé, direction le vrai gros morceau de la journée: Kanazawa, à 2h au nord de Kyoto. Pas en shinkansen mais dans un joli train qui n’en est pas bien loin en termes de confort et de vitesse.

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Drapeau de Kanazawa-shi

Préfecture : Ishikawa

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Kanazawa, qui selon les sources tiendrait son nom de la légende d’un paysan ayant trouvé de l’or dans un marais du coin (Kanazawa signifie littéralement « marais d’or ») ou bien de l’ancien nom de son jardin Kenroku-en qui était jadis appelé Kanazawanosho, fut comme beaucoup d’autres villes japonaises un centre religieux pendant plusieurs années. Plus précisément, la secte Amida, composée pour une bonne partie de samurai de rang inférieur et de paysans guerriers (les Ikko-Ikki), se souleva contre le seigneur local qui avait poussé le bouchon un peu trop loin. Cette révolte arriva dans la foulée de la grande guerre d’Onin qui agitait Kyoto et qui, comme je l’indiquais dans un autre article, eut des répercussions un peu partout dans le Japon, dont ici.

Arrive alors un prêtre du nom de Rennyo qui avait décidé de venir répandre la bonne parole de la religion, ce qui fut moyennement au goût du clan Amida. Mais comme Rennyo venait de la part du temple central de Kyoto, lui-même soutenu par d’autres paysans guerriers, le clan Amida finit par accepter sa présence et finit même probablement par l’appeler camarade.

Mais Rennyo avait évidemment des ambitions secrètes, et usa au fil des ans le pouvoir des seigneurs en place, ses disciples allant par exemple jusqu’à pousser au suicide le gouverneur Togashi et c’est à cause de ça qu’on aura jamais la fin de Hunter X Hunter. Les paysans purent ainsi régner sans partage sur la région, mettant même en place ce qui fut appelé par la suite la « république des paysans ».

Puis, vers la fin du 16e siècle Toshiie Maeda, qui était le principal allié d’Hideyoshi Toyotomi qui régnait alors sur tout l’ouest du Japon, s’empara du château et régna sur Kaga (désormais la préfecture d’Ishikawa) pendant 300 ans.

La famille Maeda, extrêmement puissante, fit de Kanazawa un centre incontournable d’artisanat, de culture et de connaissance, un statut dont les touristes peuvent encore profiter à ce jour via les très nombreux musées et produits locaux que propose la ville. Les arts dits « raffinés » tels que la cérémonie du thé ou le Noh connurent également un très important développement à Kanazawa.

Son château échappa au démantèlement massif de l’ère Meiji, mais devint un camp militaire et vit nombre de ses bâtiments annexes être remodelés. Ayant par ailleurs subi de nombreux incendies au cours des siècles récents, il a été maintes fois reconstruit et n’est du coup pas considéré comme un véritable château d’époque.

Dépassée sur le plan technologique et industriel par la plupart des grandes villes du Japon, Kanazawa garde un cachet « ancien » qui fait une bonne partie de son charme et qu’elle a réussi à conserver durant la gare, ayant été épargnée par les bombardements.

L’objectif de l’opération c’est d’enfin voir ce fameux paysage tout rouge qui me fuit depuis le début.

Bon bah ça sera rouge très clair finalement.

J’ai quand même pu avoir quelques paysages intéressants, mais j’ai clairement manqué le « pic » des momiji. Il m’a pas manqué grand chose, une semaine ou deux je pense. C’est d’autant plus rageant que j’ai justement avancé mon voyage de deux semaines à cause d’une contrainte professionnelle, mais bon il faudra s’en contenter pour cette fois. Ca me fera une excuse pour y retourner comme ça, à moins que je trouve mon bonheur lors d’un prochain voyage dans l’autre (et même LE) pays des érables.

Sorti de la sympathique gare de Kanazawa, direction un quartier un peu excentré de la ville où plusieurs maisons de soldats et de samurai ont été conservées et sont ouvertes au public.

Si le quartier de la gare avait une bonne allure, la route pour se rendre au quartier historique est bien ingrate par contre, strictement rien à voir. On arrive heureusement assez vite à la rue, blindée de maisons en entrée libre qui sont en fait des mini-musées de l’époque des samurai. Contrairement à bien d’autres musées, ceux-ci autorisaient les photos donc je me suis fait plaisir.

Le musée le plus riche en contenu était dédié à la vie commerçante de l’époque, l’expo prenant d’ailleurs place dans l’ancienne maison d’un marchand.

Le quartier traditionnel bouclé, direction le château et surtout son parc car mine de rien l’heure tourne, et les jardins colorés ça s’apprécie quand même un peu plus de jour.

Globalement, si le château est joli, je l’ai trouvé très en deçà des 4 autres que j’ai eu la chance de visiter auparavant, Himeji et Okayama restant de très loin mes préférés.

Mais Kanazawa est aussi connue pour héberger l’un des trois plus beaux jardins du Japon: le kenroku-en, juste à côté du château. Beaucoup moins grand que celui d’Okayama, moins varié aussi (ça se voit un peu que j’ai adoré Okayama non ? Je me rends pas bien compte), mais néanmoins très très beau. Alors petit avertissement, si vous considérez que prendre des arbres en photo c’est gentil mais ça va 5mn, fuyez. Car ce qui va suivre est une très longue suite de photos de feuilles colorées, de quoi faire une overdose. J’étais venu pour les momiji et même si elles étaient pas aussi rouges qu’espéré, j’ai bombardé niveau photos. Voici donc un méga-diaporama, mais c’est le dernier, après c’est fini.

La nuit commençant à bien tomber, je suis tranquillement reparti vers la gare. J’étais clairement pas pressé, ce petit trajet étant le tout dernier du voyage. Un petit coup d’illuminations de Noël pour la route tiens.

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Ou de pas Noël, ça marche aussi.

Et c’est donc ainsi que prit fin ce premier voyage au Japon. Là du coup j’écris ça en 2016, à quelques jours de l’ouverture de ce site, donc c’est facile je peux vous annoncer que le retour au Japon (et à Kanazawa d’ailleurs) est pour bientôt. J’en ai profité pour enfin rédiger l’article que je voulais faire en 2014 et qui m’était sorti de la tête, à savoir un hommage au quartier de Tateishi, le tout premier endroit où j’ai mis les pieds au Japon et donc forcément cher à mon coeur. Si ça vous tente, c’est à l’accueil que ça se passe.

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