9 Novembre : But now the rains weep o’er his hall


  • Okayama
    • 1h30 en shinkansen Hikari depuis Kyoto, couvert par le JR Pass. Attention à ne pas prendre un Nozomi qui lui n’est pas couvert par le pass et coûte une blinde, mais le personnel en gare vous évitera probablement de faire l’erreur. Sans JR Pass, même en prenant « juste » un Hikari il faut compter 15 000¥ aller-retour. Mais bon j’imagine que vous avez compris depuis le temps, le JR Pass c’est la vie (à moins d’aimer passer sa vie dans des bus de nuit ou de miser sur l’auto-stop).

Le château d’Okayama coûte entre 300 et 800¥ selon que des expositions spéciales y ont lieu ou non. Si rentrer dans le château ne vous intéresse pas, ses abords sont gratuits.

Le Korakuen coûte quant à lui 400¥, et un pass parc+château à 560¥ est également proposé, c’est la meilleure option pour qui souhaite faire les deux.

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Okayama

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Okayama: 34.655146, 133.919502

La première semaine était celle des temples (Kamakura TMTC), la dernière sera celle des châteaux. Si le compteur a été ouvert quelques jours avant à Osaka, j’ai ajouté hier Himeji (l’un des plus beaux, de réputation) et il y en aura encore trois d’ici la fin du voyage, dont un aujourd’hui.

Je reprends en fait le même chemin qu’hier, sauf qu’au lieu de stopper à Himeji je pousse un tout petit peu plus loin, à Okayama. Deux endroits à voir principalement, ils ont heureusement le bon goût d’être l’un à côté de l’autre.

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Flag of Okayama

Préfecture : Okayama

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Okayama n’est pas spécialement la destination la plus conseillée dans les guides, chose que je trouve parfaitement incompréhensible. Certes il n’y a pas masse de choses à voir, mais alors le peu qu’il y a, olala… un superbe château, un jardin magnifique (réputé pour être l’un des trois plus beaux du Japon, car les japonais adorent faire des top 3), le tout se fait en une demi-journée si vous marchez bien et c’est vraiment une étape à inclure dans votre trajet si vous passez dans les environs.

Si l’on remonte un peu dans le temps, genre aux alentours du 14-15e siècle, Okayama n’était qu’un petit village dans une région peu urbanisée (elle ne l’est d’ailleurs toujours pas beaucoup). Le château existait déjà mais dans des proportions bien moindres, et un jour un certain Naoie Ukita, qui était de passage à Okayama pour faire quelques emplettes et éventuellement s’emparer de la ville s’il avait l’occasion, se dit « qu’est-ce que c’est que ce petit caca » et entreprit donc de remodeler totalement le château. Il en profita pour améliorer un peu les infrastructures du village, fit venir des artisans des environs, et en quelques années Okayama se retrouva être la capitale de la province de Bizen, qui représente à peu de choses près la moitié sud de l’actuelle préfecture d’Okayama.

A la fin des années 1500 arriva la fameuse bataille de Sekigahara, déjà évoquée à plusieurs reprises ici et racontée plus en détail dans la page « histoire du Japon », et Hideie Ukita, descendant de Naoie, misa sur le mauvais cheval et finit dans le camp des perdants. Vous savez comment ça se finit dans ces cas-là, Hideie fut prié de dégager de là et de laisser la place à un fidèle de Tokugawa, Hideaki Kobayakawa. Qui n’eut pas vraiment le temps de profiter de la beauté des lieux puisqu’il mourut deux ans plus tard. Le domaine tomba alors entre les mains du clan Ikeda, déjà à la tête d’Himeji (tranquilles les mecs ils se retrouvent en possession de deux des plus beaux châteaux du pays), et qui contribua à embellir encore un peu plus Okayama en construisant notamment le jardin Koraku-en à la fin du 17e siècle.

La ville continua de se développer tranquillement, devenant l’un des centres économiques majeurs de l’ouest du Japon, et comme beaucoup de villes japonaises elle fut très largement bombardée durant la seconde guerre mondiale : outre une perte de presque 2 000 civils la ville fut quasiment intégralement détruite :12 000 foyers furent anéantis, et le château ne résista pas non plus aux bombes incendiaires. Reconstruit intégralement en 1966, le château d’Okayama ne fait donc pas partie de la courte liste des bâtiments authentiques comme peut l’être Himeji, et c’est en partie ce qui lui vaut de ne pas être aussi connu que son voisin d’Himeji.

A noter, et c’est rare pour une « petite » préfecture, qu’il existe un site dédié à Okayama en français : http://okayama-japan.jp/fr/history/

Petite remarque au passage, il a globalement fait beau tous les jours depuis le début du voyage. Je ne me suis trouvé sous la pluie qu’un seul jour, quant à mes comparses ils ont brillamment esquivé la pluie, qui n’est tombée que le jour où l’on a pris le train de Tokyo vers Kyoto.
Je pense à ça parce que là pour le coup, peu de temps après être sorti de la gare je me suis pris de la pluie sur la tronche. Et pas de la pluie genre « planquez vous 15mn ça va passer », non non le bon gros rideau de flotte bien vénère. Pas le premier contact rêvé avec une ville au demeurant plutôt jolie, c’est dommage.

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Etant en avance (c’est pas souvent) je m’abrite du coup sous une artère commerciale (nommée Omotechō Shotengai) plutôt jolie, quoiqu’ornée de quelques trucs étranges.

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Dont l'ancêtre de PEDROOOOOOO MIGUEEEEEEEEEEEEEEEEL

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Et un magasin de produits dérivés de mangasses aussi. J’ai rien acheté, mais que ce fut dur.

Ayant un peu la dalle je m’arrête dans un établissement qui semble vendre des takoyaki, sauf que je comprends pas ce qui est écrit donc j’entre avec l’espoir que ce sont bien des takoyaki. Parce que bon, le poulpe, même s’il a fallu se faire violence la première fois, je sais que ça passe. Mais pour peu qu’ils aient foutu un truc étrange à la place… Enfin bon je me sens aventureux et il y a que ça qui m’inspire dans les environs.

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Que ce soit bien clair, à part les oignons verts je n’ai aucune idée de ce que j’allais manger. D’ailleurs même après l’avoir mangé j’en avais toujours aucune idée. C’était pas mauvais, mais c’était clairement pas du poulpe.

En sortant je trouve une canette de café en forme de tonneau. C’est génial non ? Le café était par ailleurs dégueulasse, l’un des pires trucs que j’ai bus du voyage et pourtant le niveau du café au Japon est déjà très, très bas.

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La pluie s’étant un peu calmée, direction le château, que l’on aperçoit au loin. Il est surnommé « Le corbeau » de par ses couleurs, à l’opposé du « héron blanc » d’Himeji. Celui d’Osaka étant vert clair j’imagine que c’était plus chaud de trouver un nom d’oiseau qui allait bien. Le pic-vert à la limite, mais ça en jette moins.

Autre avantage notable de la pluie, ça se bouscule pas autour du château. Moyennant une modique somme il y a même moyen d’y rentrer. Rien de fou malheureusement, c’est un mini-musée qui n’a plus grand chose à voir avec un lieu de vie.

Quelques photos de plus du chateau, parce que quand même il est franchement beau.

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awwwwwwwwwwwwwww

Et direction l’autre gros morceau de la journée, le Korakuen. J’avais déjà visité un très beau jardin portant ce nom à Tokyo, celui-ci a la réputation de n’être rien de moins que l’un des trois plus beaux jardins du Japon (l’un des deux autres est également au programme de la semaine). Après l’avoir visité en long et large, je pense que c’est amplement justifié: l’endroit est immense et propose une variété et une quantité hallucinante d’arbres et de fleurs. Bref un lieu absolument magnifique, les photos parlent d’elles mêmes (et pourtant je suis pas bon photographe). Attention on est encore partis pour un diaporama infini.

Je repars vers la gare, mais avant ça et vu que j’ai du temps je fais une pause dans un Tully’s Coffee (il y en a autant sinon plus que des Starbucks, ici) car j’avais repéré un truc qui me plaisait. Durant ces 3 semaines je me suis descendu pas mal de bonbons, boissons, j’ai testé des plats très variés avec des conséquences parfois dramatiques, mais je n’avais pas encore vraiment tenté de truc sucré un peu élaboré. C’est maintenant réparé.

LE DESSERT

L’heure étant encore raisonnable, je profite d’être à proximité pour retenter le sanctuaire d’Inari, de nuit cette fois.

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Ah bah là au moins niveau monde, on est pas emmerdé. Le petit hic c’est que de nuit, avec personne, le lieu est… spécial.

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Voire limite flippant en fait. J’ai fait tout le tour mais je m’attendais à voir des Sadako débarquer à tout moment. A un moment ça a bougé, j’ai fait une série de tout petits pets comme ça pft pft pft pft.

Retour pas trop tard à l’appart pour une fois, tel un roubaisien le week-end je choisis d’aller errer dans un supermarché histoire de dénicher quelques trucs qui auraient échappé à ma vigilance.

En sortant je tombe sur un couple qui vient de se pointer après la fermeture du magasin. Lui, la quarantaine et le look un peu gangsta, semble s’en taper comme de sa première chemise. Elle, beaucoup plus jeune et par ailleurs très jolie, ne peut accepter cet échec. Elle est pas contente du tout, le problème c’est qu’elle ne sait pas crier et que ses vociférations tiennent davantage du chien qui vient de se faire marcher sur la patte. Pas de bol ils vont dans la même direction que moi, au moins j’aurai appris quelques insultes en japonais.

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