4 Novembre: The long walk


  • Kyoto
    • Là on a fait les bourrins, avec une très longue marche jusqu’au Kinkaku-ji. Mais sinon c’est plus simple d’y aller en bus (lignes 101 ou 205) depuis la gare de Kyoto, compter à peu près 500¥ aller-retour.

A noter que la ville propose justement un pass à la journée qui permet de prendre les bus en illimité, et qui coûte 500¥. Pour peu que vous vouliez bouger un minimum c’est la meilleure option. Existe aussi dans une version qui permet de prendre le métro, mais c’est un peu plus cher (1200¥).

Coût total du trajet pour la journée : seulement 250¥ mais au prix de gros maux de jambes. Pour 500¥ (ou 1200¥ si vous êtes pressés), optez pour la solution la plus raisonnable en prenant un pass.

Voir également ici pour un petit guide sur l’utilisation des bus dans Kyoto.

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Kyoto

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Kyoto: 35.039370, 135.729243

Après un week end harassant, tant pour les pieds que pour les systèmes digestifs, petite journée tranquille à Kyoto. Enfin ça c’est ce qu’on se disait en partant le matin.

Décollage tardif, petit dej au McDo (avant midi donc, pour les raisons que chacun sait), shopping rapide chez Book-Off, le saint esprit assis à la droite du dieu Yodobashi, et c’est parti pour une marche dans Kyoto direction le palais impérial où l’on espère être davantage en veine qu’à Tokyo. Et petit encart sur la ville au passage, vu que c’est la première journée qui lui est réellement dédiée.

Drapeau de Kyōto-shi

Préfecture : Kyōto

kyoto

kyoto_ville

kyoto

Il n’y a malheureusement pas grand chose à dire sur l’histoire de Kyōto.

 

Non c’est bon partez pas je déconnais, s’il y a bien une ville riche en histoire au Japon c’est celle-là. Alors on va pas tout traiter ici, mais en tous cas l’histoire de Kyōto remonte loin : on (enfin pas moi hein, des gens dont c’est le métier) a retrouvé des traces de civilisation là-bas qui remontent au Paléolithique, mais on n’a pour le moment aucune idée de ce qu’était la vie des locaux jusqu’au 6e siècle ap. JC, époque à laquelle le temple Shimogamo fut apparemment construit. C’est la plus ancienne trace de civilisation qui ait été trouvée à Kyōto.

Au début des années 800 l’empereur, alors basé à Nagaoka, commençait à en avoir un peu marre de l’influence grandissante des bouddhistes qui avaient tendance à vouloir se mêler un peu des affaires impériales. Histoire d’être tranquille il bougea à une dizaine de kilomètres de là, et fonda la nouvelle capitale de Heian-Kyō, qui signifiait littéralement « Capitale de la paix et la tranquillité » . Au départ il a sûrement voulu l’appeler « Capitale où ces foutus moines arrêteront de me briser les burnes » et puis il s’est ravisé parce que c’était trop long. Enfin j’imagine que ça s’est passé à peu près comme ça.

Sans qu’on sache vraiment quand, a priori c’était quelque part dans le 12e siècle, Heian-Kyō devint Kyōto et resta la capitale du Japon pendant plus de 1000 ans, même si à plusieurs moment durant cette période l’empereur perdit le contrôle du pays et ne fut rien de plus qu’un dirigeant officiel, un peu comme maintenant en fait.

Le Japon est un pays qui a connu de nombreuses guerres civiles, et Kyōto fut tout particulièrement touchée par celle d’Ōnin au milieu des années 1400. La guerre démarra sur un drame familial : le shogun de l’époque, Yoshimasa Ashigaka, désespérait tellement d’avoir un enfant qu’il finit par adopter son propre frère (o_O) pour en faire son héritier. Seulement voilà, la tuile, l’erreur bête, la femme de Yoshimasa accouche un an plus tard. Et voilà Yoshimasa bien emmerdé, et qui décide que finalement bah non ça sera son vrai fils l’héritier, allez merci Yoshimi pour ton aide garde la pêche.
Sauf qu’à l’époque, deux clans rivaux (Yamana et Hosokawa) passaient un peu leur temps à chercher des prétextes de se foutre sur la gueule. Alors là vous imaginez bien que la perspective d’une guerre fratricide c’était un peu Noël avant l’heure pour eux, et ils sautèrent sur l’occasion et décidèrent de se rencontrer à Kyōto pour se défier au Mortal Kombat. Et avec 85 000 bonhommes de chaque côté, autant dire que le conflit fut long et meurtrier. Pendant ce temps le shogun manifestait un désintérêt à peu près total pour le conflit (ce qui n’aida pas vraiment à améliorer son image), trop occupé à dessiner les plans du Ginkaku-ji, temple d’argent qui sera un peu plus longuement évoqué dans l’encadré suivant.

Résultat des courses : 10 ans de guerre (qui se propagea dans tout le Japon par la suite), des dizaines de milliers de morts, et une ville de Kyōto complètement détruite, les pillards se chargeant de bousiller le peu de choses qui restent debout. Ca n’a pas été en pure perte pour tout le monde vu que la famille Hosokawa gagna non seulement la guerre mais prit carrément le pouvoir des mains du shogun.

A la fin des années 1500 la ville se retrouva entre les mains de Hideyoshi Toyotomi, qui reconstruisit une ville laissée à l’abandon pendant près de 150 ans. Nouvelles rues, agencement des quartiers en blocs rectangulaires (regardez une carte de la ville, c’est assez net), il remit la ville sur pied et en fit l’une des villes les plus florissantes du pays. Ville qui échappa d’ailleurs de peu au bombardement atomique américain, ayant été un temps considérée comme une cible parce que, je cite et je jure que je ne rigole pas, les dirigeants américains estimaient que « la population de Kyōto, hautement éduquée, aurait été plus à même de comprendre l’importance de la bombe » (source). Heureusement un mec un peu moins taré que ses collègues, nommé Henry Stimson, parvint à les convaincre de se choisir une autre cible et le choix se reporta sur Nagasaki.

Puis voici le palais, un endroit fort cossu mais qui m’a pas forcément semblé beaucoup plus beau que les autres trucs déjà visités.

Le palais impérial visité, direction le pavillon d’or. On s’est dit que c’était jouable à pied, fous que nous étions. Ainsi démarra un long périple dans le Kyoto très rural, celui où les touristes ne vont généralement pas.

Après une promenade dans ces jardins certes très charmants, place au gros morceau. J’ai un peu aimé donc j’ai dû prendre environ 450 photos du palais et de son jardin, là j’ai juste mis mes quelques préférées. Mais d’abord, le point culturel, habituellement c’est juste pour les villes ou les quartiers mais y a des monuments tellement majeurs ici qu’ils méritent bien ça.

Drapeau de Kyōto-shi

Préfecture : Kyōto

kyoto

kyoto_ville

kinkakuji

Normalement ces petits encadrés sont uniquement pour les villes ou les arrondissements de Tōkyō, mais ce monument là je l’aime vraiment bien alors j’ai décidé de lui dédier un encadré, de toutes façons c’est mon blog je fais ce que je veux.

Le Kinkaku-ji, ou pavillon d’or, s’appela pendant un temps Kitayama-dai et était une villa pas du tout dorée appartenant à un politicien local. A la toute fin du 14e siècle, le shogun Yoshimitsu Ashikaga racheta la villa et hop, un coup de peinture par dessus tout ça. Mais pas de la peinture dorée de chez Casto hein, nan nan c’est de la vraie feuille d’or 100% certifiée. Quant au choix de l’or, il ne s’agissait pas de bling-bling digne d’une vulgaire Paris Hilton : l’or était là pour annuler tous les sentiments négatifs que pouvaient ressentir les habitants vis à vis de la mort.

Le pavillon était la pièce maîtresse d’un complexe, mais lors de la guerre d’Onin déjà évoquée plus haut tout fut détruit, à l’exception donc du pavillon.

Plus récemment, en 1950, un jeune moine possédé décida qu’il n’en pouvait plus de tous ces signes ostentatoires de richesse, et mit le feu au pavillon qui n’avait pas vraiment fière allure après. Condamné à 7 ans de prison, sa sanction fut réduire du fait de son instabilité mentale avérée. Mais malade ou pas ça fait quand même un petit peu chier, heureusement en 1955 le temple fut intégralement reconstruit pour connaître son apparence actuelle.

A noter qu’on trouve à Kyōto un autre endroit qui fait directement écho au Kinkaku-ji : il s’agit du Ginkaku-ji, ou pavillon d’argent. Yoshimasa Ashigaka, petit-fils de Yoshimitsu qui avait fondé le pavillon d’or, avait un peu le venin que son ancêtre ait laissé une plus grande empreinte que lui et décida du coup de construire son pavillon à lui. Celui-ci devait être recouvert d’une couche d’argent, un projet qui ne vit finalement jamais le jour. Et plutôt que d’être considéré comme un endroit de m’as-tu-vu et de richesse, le pavillon d’argent est du coup considéré aujourd’hui comme un exemple de simplicité, totalement l’opposé de ce le shogun avait en tête. Il est dit que les japonais, plus sensibles à ce genre de simplicité, préfèrent largement le Ginkaku-ji.

Le temple fini, on est repartis en bus et ça a foutu tout le monde KO, ce qui fait que la journée s’est plus ou moins terminée là, seul un petit restaurant de quartier venant se rajouter en touche finale. Et leur curry était sacrément bon, faut que j’apprenne à en faire. En espérant davantage de succès qu’avec les gyoza.

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