2 Novembre : Ca doit être les burgers 1


  • Miyajima
    • Depuis Kyoto, il faut à peu près 2h30 pour se rendre à Hiroshima puis à Miyajimaguchi via une ligne de train locale. Ensuite, le ferry pour Miyajima met un petit quart d’heure.

Coût total du trajet pour la journée : tout est couvert par le JR Pass, y a vraiment peu de raisons de s’en passer sur ce type d’excursion mais si vous y tenez, comptez plus de 10 000¥ depuis Kyoto, le shinkansen coûte assez cher.

Un pass à 2000¥ existe aussi et permet de couvrir le ferry, le tram d’Hiroshima et le téléphérique du mont Misen sur l’île. Le pass n’a d’intérêt que si vous comptez utiliser ce dernier, sinon entre le JR Pass et le coût du tram on atteint difficilement cette somme.

A noter que le sanctuaire de Miyajima est payant, 300¥ voire 500¥ si vous rajoutez le pavillon des trésors (je pourrai pas vous en dire plus je n’ai fait aucun des deux).

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Itsukushima

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Itsukushima: 34.302394, 132.323713

Pas d’article hier, on a passé l’essentiel de la journée dans le train et mon téléphone étant mort de décès, je n’ai pu prendre aucune photo en arrivant.

A peine posés à Kyoto et déjà repartis, pour le sud-ouest de l’île centrale et plus précisément la petite île de Miyajima après de rapides escales à Osaka et Hiroshima, qui feront très bientôt l’objet de visites ultérieures.

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Attention si vous comptez faire bon usage du JR Pass, prenez bien le ferry JR. Il y a une autre compagnie nommée Matsudai qui fait la même traversée, seulement c’est plus cher (et vous n’aurez pas le mi-couple).

La traversée permet déjà d’apercevoir le principal objet de la visite : le torii de Miyajima, que l’on retrouve très souvent sur les promotions touristiques du Japon. Particulièrement belle les pieds dans l’eau quand la marée est haute, elle l’était quand on est arrivés, heureusement.

Flag of Hatsukaichi

Préfecture : Hiroshima

hiroshima

hatsukaichi

miyajima

Le saviez-vous ? On entend toujours parler de Miyajima, notamment dans les guides touristiques, mais c’est un abus de langage : la ville de Miyajima n’existe plus depuis 2005, lorsqu’elle a été absorbée par la ville d’Hatsukaichi. L’île se nomme quant à elle Itsukushima, mais les japonais préfèrent la nommerMiyajima, qui signifie littéralement « l’île au sanctuaire ».

Située dans la baie d’Hiroshima, Miyajima est avec sa fameuse porte l’un des principaux symboles du Japon, en tous cas à nos yeux d’occidentaux. Son sanctuaire fut fondé en 593 durant une période nommée Suiko (un glorieux nom), et l’île resta quasi-exclusivement un lieu de culte, notamment au début des années 800 quand un moine de retour de Chine fit une escale ici et eut la révélation : Miyajima était un site sacré, et du coup hop construction d’un temple tout en haut du mont Misen qui domine l’île. Ce même moine passa d’ailleurs 100 jours à suivre un entraînement secret dans ce temple, un peu comme quand Ikki reste méditer pendant 3 plombes dans un volcan. On ne sait pas trop à quoi cet entraînement lui servit, mais apparemment c’était super important.

En 1146, un autre gars nommé Taira no Kiyomori reçut lui la visite d’un prêtre dans ses rêves, qui lui dit « Zinedine, tu dois revenir en équipe de France ». D’autres sources moins fiables affirment que le message fut en fait « si tu construis un sanctuaire à Itsukushima, tu atteindras le plus haut rang ». Rang de quoi, nul  ne sait, mais en tous cas il choisit d’écouter cette voix et le sanctuaire fut donc construit, et Taira y importa diverses idées prises un peu partout dans les environs : une danse pratiquée à Osaka, des sanscrits utilisés dans une école bouddhiste à Chiba, et puis un peu d’artisanat de Kyoto aussi tiens. Et niveau popularité ça marcha plutôt bien, puisque nombre de nobles et de proches de la famille impériale vinrent à Miyajima en pélerinage. Des anciens empereurs firent aussi le déplacement, donc là on commence à taper dans la très haute société on parle pas juste de connards de jetsetteurs à St Tropez.

A la fin de la période Kamakura (voir le bref récapitulatif de l’histoire du Japon), Miyajima cessa de devenir uniquement un lieu de culte et commença à accueillir des habitants. D’abord des prêtres histoire que ça reste en famille, puis peu à peu des gens extérieurs à la religion. Et c’est là que les choses commencèrent à se gâter : en cessant de devenir un endroit dédié à la religion, Miyajima s’ouvrit la porte à tout un tas d’emmerdes dont notamment des guerres civiles. Sue Harutaka déboula un jour avec 20 000 soldats, et on se doute bien que quand quelqu’un se pointe sans prévenir avec autant de monde c’est pas pour prendre le thé, ou alors il manque vraiment de savoir-vivre. Mori Motonari, qui était le boss de l’île depuis le suicide de son prédécesseur et ami Ouchi Yoshitaka (qui se fit seppuku parce que la rébellion de Sue Harutaka était un affront à son honneur), partit avec seulement 3500 soldats et meula sereinement la tronche des 20 000 gus en face, sans sourciller. Vaincu, Harutaka se fit à son tour seppuku, pendant que Mori régna en maître sur la région pendant encore quelques temps.

Le temps passa, les divers souverains apportèrent de petites touches à l’île, et puis en 1868 nouveaux problèmes : le gouvernement décide que le rapprochement entre le bouddhisme et le shintoïsme local, bah c’est fini, plus le droit. La religion du Japon c’est le shintoïsme, virez-moi ces salauds de bouddhistes qui font rien qu’à venir nous pervertir, oh là là le grand remplacement approche mettons tous des symboles dans nos alias Twitter. Conséquence directe de cette culture de la haine, un mouvement anti Bouddhiste détruisit un bon nombre de temples de Miyajima, et les imageries bouddhistes durent être emmenées ailleurs.

Sur les années récentes, Miyajima ne connut plus spécialement de problèmes (liés à l’homme en tous cas, parce que niveau catastrophes naturelles y a régulièrement eu des soucis par contre), et le gouvernement se rendit progressivement compte qu’il tenait quand même là un lieu sacrément beau pour promouvoir le pays, ce qu’il fit et c’est tant mieux parce que ça serait dommage de rater un endroit pareil.

En plus des touristes par milliers, l’île abrite des daims visiblement très attirés par la bouffe et qui se laissaient approcher sans problème. L’île abrite aussi des échoppes servant des brochettes absolument dégueulasses, qui ont marqué le début d’un marathon culinaire assez particulier.

Le trajet depuis Kyoto étant comme on a pu le voir assez long, on passe la nuit sur place, au ryokan Iwaso alias l’auberge la plus mal indiquée de tous les temps, les panneaux de direction commençant à environ 20 mètres des lieux. Bon par contre c’est super bien placé, le torii en bas de la route et le parc Momijidani juste au dessus.

On a été très bien accueillis, même s’ils nous ont obligés à rester en position seiza, moyen non assumé qu’ont les japonais de torturer les occidentaux. Ca m’a rappelé les heures sombres de mon enfance, quand je faisais du karate.

L’hôtesse était gentille quand même, elle rigolait même quand on faisait des blagues qu’elle comprenait pas.

Après un rapide passage aux bains où on a croisé un sosie de Francis Lalanne (j’ai failli le faire remarquer à voix haute, j’ai bien fait de m’abstenir vu qu’il était français), direction la petite salle privative où le repas kaiseki (haute cuisine japonaise) nous a été servi. Des plats à n’en plus finir, des fruits de mer, de la viande, des légumes improbables, quelques trucs assez infects dans le lot aussi.

Et quand on revient dans la chambre, les lits sont mis. C’est des lits avec des abdominaux, on a pas trop compris.

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Vu qu’il était pas tard, on a enchaîné sur une petite virée nocturne. Le capteur de mon téléphone étant peu bon, et n’ayant eu que ça sous la main sur le moment, la qualité est très contestable mais il faudra s’en contenter.

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awwww moi aussi chtekif #coeuraveclesdoigts

Le petit tour fini, retour à l’hôtel où je me pose avec la ferme intention de rédiger des articles. Et là soudain je dis à mes camarades « putain vous avez pas un peu chaud là ? ». A peine le temps de comprendre ce qui était en train de se passer que commença un long calvaire à base de sueurs froides, de maux de ventre allant crescendo, d’envies de vomir, jusqu’à ce que mon corps passe en DEFCON 1 et que je doive foncer aux toilettes pour évacuer d’urgence les passagers par la sortie sud.

Autant dire que la nuit fut compliquée, et que je ne retoucherai pas à des fruits de mer de sitôt. A du sake non plus d’ailleurs.


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