29 Octobre : Ah chais pas ce que vous en disez là mais…


  • Hakone
    • 35mn pour aller de Tōkyō à Odawara, 1500¥ ou 0 avec le JR Pass
    • Depuis Odawara, compter encore 50mn pour aller jusqu’à Gora (700¥, pas couvert par le JR Pass)
    • De Gora à Tōgendai, 20mn supplémentaires en train+téléphérique, là encore c’est pas couvert par le JR Pass, ça coûte environ 3000¥ au total, le téléphérique étant notamment assez cher.
    • Et enfin le bateau, qui coûte environ 2000¥ pour un tour complet.

Coût total du trajet pour la journée : un peu moins de 6000¥ avec JR Pass, plutôt vers les 7500¥ sans.

Mais là où y a ruse, c’est qu’il existe un pass spécial (Hakone Freepass), valable deux jours, qui coûte environ 5000¥ et couvre l’intégralité de ces trajets.  Je l’avais pas pris parce que je pensais pas que les attractions sur place coûteraient aussi cher (surtout que le bateau n’était pas prévu), mais sur ce programme il aurait tranquillement été rentabilisé, même sur une journée. Et alors sur deux jours, à moins de vouloir vraiment la jouer tranquille la question ne se pose même pas.

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Hakone

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Hakone: 35.233491, 139.103951

Mercredi, il était temps de prendre une revanche sur le temps capricieux. Nouvelle tentative d’apercevoir le mont Fuji, en passant par la très touristique ville d’Hakone et le lac Ashinoko à proximité. Premier objectif de la journée, activer les JR Pass qui permettront des trajets illimités sur l’ensemble des lignes de Japan Railways, pour une durée de 2-3 semaines selon les cas. Le bureau à Shibuya n’ouvre qu’à 10h, on s’occupe comme on peut en attendant.

Par exemple en prenant des photos de Hachiko, chien qui vint attendre son maître chaque jour à la gare pendant 10 ans après que ce dernier fut décédé, et ça fait beaucoup de conjugaisons complexes en une seule phrase. Ce cliché est extrêmement rare puisqu’il est dépourvu de touristes chinois qui tapent la pose à côté de la statue. Les pass enfin récupérés, direction une gare voisine pour notre baptême de Shinkansen.

Plein de passagers prenaient l'écran en photo alors autant faire pareil.

En termes de confort, le shinkansen est impeccable, mieux que le TGV (mais plus cher, quand on a pas le pass). Malheureusement on n’y reste que 25mn, et derrière ce sont près de deux heures qui nous attendent dans des trains au confort nettement plus sommaire, pour ne pas dire tout claqué. Le trajet est en pas mal d’étapes, faut pas se louper :

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(brotip : profitez de l’arrêt à Gora pour aller acheter les oeufs bouillis dans la source volcanique, ça tabasse)

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C’est tout ce dont vous aurez besoin sur cet itinéraire, quasiment tout se fait en transport, pas besoin de marcher.

Bon le téléphérique par contre c'était cool.

Drapeau de Hakone-machi

Préfecture : Kanagawa

kanagawa

hakone

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Avant de devenir une des principales destinations touristiques des abords du Mont Fuji, Hakone fut surtout une étape lors de la longue route Tōkaidō, qui va de Tōkyō jusqu’à Kyōto (de nos jours elle pousse même jusqu’à Kobe) ce qui fait quand même une trotte.
Aujourd’hui on fait ça en train, ça prend seulement 3 heures en shinkansen, mais à l’époque on avait pas tous ces engins du diable ma bonne dame, fallait se coltiner la route à pied. Et j’aime autant vous dire que que 517km à pied y avait intérêt à être motivé et à avoir vraiment de bonnes raisons de prendre la route. Le shogun faisait partie des gens qui avaient de bonnes raisons, de même que les daimyō, les divers seigneurs locaux du Japon. Ces derniers étaient en effets tenus de résider un an sur deux à Edo (nom de Tōkyō à l’époque), et pour s’assurer qu’ils restent fidèles le shogun « offrait » le gîte aux familles de ces seigneurs de façon permanente, une façon bien poétique de décrire une prise d’otages.
Après la route n’avait pas qu’un usage militaire : les marchands, voyageurs, étaient bien contents de pouvoir l’emprunter aussi. De nos jours refaire la Tōkaidō constitue même une façon originale de voyager au Japon, mais ce n’est pas franchement quelque chose que je conseillerais pour un premier voyage, ni pour un second ou troisième en fait. C’est à réserver à des randonneurs chevronnés et motivés, car évidemment quand je parle de refaire la Tōkaidō ça implique évidemment de la refaire dans les conditions de l’époque : à pieds. Et même en étant bon marcheur, ça semble difficile à accomplir en moins d’un mois, ce qui représente déjà une moyenne de quasiment 20km par jour.

Et Hakone était donc l’une des 53 étapes de cette route, la 11e pour être exact. Elle faisait office de point de contrôle pour s’assurer qu’il n’y avait pas de trucs louches qui se tramaient, comme par exemple un coup d’état, genre de truc qu’on apprécie assez peu quand on est shogun. Avec l’ouverture des côtes du pays, le point de contrôle perdit un peu de son sens et Hakone se transforma peu à peu en zone de détente, mettant à disposition ses nombreuses sources chaudes pour notre plus grand bonheur à nous, touristes.

Et puis j’obtiens enfin la vue que j’avais tant recherchée 10 jours (déjà) avant, même si ça a été à travers la vitre du téléphérique. Et qu’il y a cette montagne derrière qui gâche un peu la photo. Mais pas grave, je l’ai enfin ma photo d’homme japonais à lunettes !

En contrebas on aperçoit notamment des mines de soufre de la vallée d’Oowakudani. Au moins les mecs sont peinards ils peuvent en craquer une tranquillou sans que ça se remarque.

Arrivés à Togendai, sur les rives du lac Ashinoko, force est de constater que si on a bien vu le mont Fuji depuis la cabine, il manque quand même cette petite vue en extérieur qui permet de se dire qu’on y était. Alors du coup, même si l’addition niveau transports est déjà très salée à ce moment de la journée on décide de s’offrir la croisière.

On s’est puissamment gelé les miches, mais la vue valait le coup. Ca a permis de refaire un point « couleurs d’automne », qui avancent mais restent encore assez vertes.

Fin de la croisière et retour en téléphérique, où l’on parvient à prendre quelques ultimes photos depuis l’intérieur de la cabine.
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Et c’est finalement cette photo un peu à l’arrache qui sera mon « meilleur » cliché du mont Fuji de tout le voyage.   Et c’est la fin de la partie rigolote puisqu’il faut maintenant se retaper 45mn de petit train qui fait « tiens je vais faire demi tour pour aller là. Oh puis finalement non. Ah et puis si en fait », le tout debout. A l’aller on avait un pack de vieux chinois dont l’odeur évoquait l’inéluctabilité d’une mort imminente, au retour on aura les ados hystériques. Difficile de faire un choix entre les deux. Je profite du retour à Gora pour acheter des oeufs durs cuits directement dans l’eau de source riche en soufre, du coup ils sont noirs et sentent le cramé c’est rigolo (et c’est super bon).

Demain, suite et fin de la quinzaine à Tokyo en mode quartier libre, mais ça devrait se passer du côté d’Ueno pour ma part. J’en profiterai pour raconter la brève promenade à Odaiba, ayant passé l’essentiel de ma journée dans un parc d’attractions. Et je termine cette note par une photo de toilettes que j’ai pas réussi à placer avant.

Et la morale de cette histoire c’est qu’il faut jamais, et alors là tu m’entends jamais, remettre en cause l’autorité de la maîtresse d’école, ou de moi, ou du président des Etats Unis d’Amérique.

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