21 Octobre : Allons à la plage monsieur renard


  • Ofuna
    • 40mn depuis Tokyo, environ 800¥ en aller simple (gratuit avec JR Pass)
  • Enoshima
    • 15mn depuis Ofuna (ou 55mn depuis Tokyo), environ 300¥ (compagnie privée, non couverte par le JR Pass)

Coût total du trajet pour la journée : 2200¥ ou 600¥ avec JR Pass

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Enoshima

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Enoshima: 35.318207, 139.512463

Aujourd’hui, suite et fin du programme d’hier. La nuit fut courte, je repousse le réveil jusqu’à 9h au lieu de 7h30 initialement (c’est marrant comme c’est beaucoup plus motivant de se lever là que pour aller au taf). Le rituel matinal distributeur etc, je passe rapidement sur le trajet qui est le même qu’hier jusqu’à Ofuna. Là j’opte pour le monorail qui mène à Enoshima. Clairement les mecs ont pas l’habitude des touristes, je veux demander de l’aide à un contrôleur (ma carte fonctionnait pas) qui refuse littéralement le dialogue en reculant et en faisant la croix avec ses bras. Je finis par piger tout seul qu’il faut acheter un pass spécifique pour le monorail. Un petit trajet de 15mn (pas pu prendre de photos, dommage c’était joli) et me voilà en plein dans le shonan.

j05_enoshima

(comme d’hab il est possible de démarrer ailleurs qu’à Shimbashi, voir ici pour les détails de la ligne JR Tokaido). Pour ceux à qui ce nom rappellerait un truc, c’est là que se déroule l’histoire du manga « Great Teacher Onizuka », enfin surtout sa préquelle en fait. Mais contrairement à Yokosuka où je ne serais pas allé sans Shenmue, là c’est autre chose qui a motivé ma venue. Premiers clichés de la ville, et de sa plage:

Drapeau de Fujisawa-shi

Dépend de la ville de Fujisawa

Préfecture : Kanagawa

kanagawa

fujisawa

 

 

enoshima

Située à quelques centaines de mètres de la côte sud de Kanagawa, l’île d’Enoshima reçut l’honneur d’être l’objet d’une estampe réalisée par Hokusai dans sa fameuse oeuvre des « 36 vues du Mont Fuji », dont deux sont particulièrement connues (la « Grande vague de Kanagawa », et le « Fuji par temps clair »). Celle d’Enoshima tout le monde s’en fout en revanche, mais quand même elle est là.

L’île en elle-même n’a pas spécialement d’histoire : dédiée à la déesse Benzaiten, qui est la divinité de la musique et du divertissement (rôle qui reviendrait chez nous à NRJ, les standards de qualités n’étant pas les mêmes), l’île toute entière était en fait considérée comme un sanctuaire. En 1880 elle fut intégralement rachetée par un anglais qui s’écria alors « CAPITALISME ! » et construisit une centrale électrique, ainsi que quelques jardins botaniques pour se donner bonne conscience.

L’un de ces jardins reste à ce jour une importante destination touristique, tandis que de l’autre côté du pont les plages de sable noir du Shōnan font partie des coins de prédilection des surfeurs.

Et c'était cool hein. Si je veux croiser des occidentaux c'est bon y a ce qu'il faut chez moi.

A la base j’étais venu ici parce qu’Enoshima est réputée pour héberger plein de chats semi-domestiqués: dociles mais ils n’ont pas de propriétaire. Malheureusement avec ce temps de merde aucun chat n’est de sortie, mais l’endroit n’en reste pas moins charmant et possède lui aussi un temple.

En passant je m’arrête acheter des shirasu pan (pain farci avec une sorte de sauce à base de sardine, un truc du style). Le vendeur se marre en voyant mon sémillant tshirt WWF, il est un peu fan apparemment. Et il s’excite encore plus en voyant le porte monnaie Prince of Tennis, il commence à me parler de ses joueurs préférés, mime des techniques… on a causé 5 bonnes minutes, avec son anglais dégueulasse et mon japonais honteux, c’était rigolo.

20141021_130101.jpg

Je commence tranquillement à manger mes trucs (en principe ça se fait pas ici de manger en marchant, mais j’étais pressé et j’avais trop la dalle), et soudain je sens quelque chose qui me frôle l’épaule. Une buse, qui a essayé de me péta ma bouffe, sans pression la bestiole. Je m’amuse à la narguer un peu en agitant un pain au dessus de moi.

Ah y a moins de monde qu’hier hein ! Ca me déplait pas spécialement cela dit, le Tsurugaoka hier était à peine agréable tellement c’était blindé. Place à l’étape où je m’étais arrêté hier, la ville de Hase et son grand Bouddha. 

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Y a rien de plus à voir ici, mais je me fais intercepter en sortant par un gamin qui, pour sa leçon d’anglais, doit interviewer 5 étrangers. Sympa je réponds à ses questions, prends la pose sur la photo, et échange même un peu en japonais à sa grande surprise. Il était content, et si plus tard il devient un grand écrivain, peut-être que dans 200 ans les petits japonais apprendront la légende de Joyau-san, l’homme venu de l’ouest qui boitait salement sa race. Direction l’ultime visite de la journée, le temple Hasedera qui est juste à côté.

Il n’est pas encore trop tard (17h), mais j’ai visité tout ce que je voulais à Kanagawa donc retour à Tokyo pour un peu de shopping à Nakano Broadway.

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Drapeau de Nakano-ku

Préfecture : Tōkyō

tokyo

nakano

nakano

Cet arrondissement de Tōkyō n’a pas forcément une histoire des plus glorieuses : en effet, hormis un combat un peu célèbre localement en 1445 et l’ouverture d’un centre de recueil des chiens errants (c’est important) 250 ans plus tard, on ne peut pas dire que l’histoire du Japon passe spécialement par Nakano… à l’exception d’un truc, qui est que l’ancienne école de Nakano a servi à former l’essentiel des services de renseignement japonais avant et pendant la 2e guerre mondiale. C’était un peu une sorte de Masia sauf qu’au lieu d’élever du footballeur enrichi en chromosomes ils se spécialisaient dans l’agent secret.

Après la guerre l’école fut abolie mais les agents secrets qui en étaient issues continuèrent d’opérer, servant aussi bien leur pays que l’occupant américain.

Enfin ça c’était pour la plupart, parce qu’il y en a qui avait décidé que ça se passerait pas comme ça. Hiroo Onoda, pas très content que son pays ait perdu la guerre, adopta une politique consistant à nier la défaite et à se boucher les oreilles en criant « LALALA J’ENTENDS RIEN TFACONS JE SUIS PERCHÉ INTERDIT DE RETOUCHER SON PERE » et refusa de se rendre. Enfin plus précisément, Onoda, qui était planqué dans des montagnes à Lubang (Philippines) d’où il menait des opérations de guérilla pendant la fin de la guerre, reçut un jour un message disant en gros « les gars la guerre est perdue faut redescendre maintenant ». Mais Hiroo, d’un naturel méfiant, pensa que c’était un piège et continua donc son taf. Pendant 29 ans.

Oh, pendant ce temps ils reçurent évidemment d’autres messages, parfois largués directement par avion et signés du général avec marqué « non mais sérieux minna-san c’est vraiment fini » dessus. Rien à faire, Onoda et son crew persistèrent à considérer qu’on essayait de les duper.  L’histoire serait presque rigolote si parmi cette petite équipe de 3 soldats (4 au début mais y en a un qui a fini par se barrer tout seul), il n’y en avait pas 2 qui s’étaient fait tuer lors d’escarmouches avec les policiers venus les chercher en 1954. Onoda se retrouva seul, jusqu’en 1974 où il croisa le chemin de Norio Suzuki, un civil qui était selon ses propres termes « à la recherche de Hiroo Onoda, d’un panda, de l’abominable homme des neiges, d’un FF6 GBA neuf sous blister et du respect, dans cet ordre ». Les deux devinrent amis, mais même quand Suzuki lui expliqua que la guerre était VRAIMENT finie depuis 30 ans, Onoda persista dans son refus, déclarant qu’il attendait les ordre de son supérieur hiérarchique. Le gouvernement retrouva donc le supérieur en question (devenu libraire entre temps), qui se rendit auprès d’Onoda et le releva de ses fonctions. Et là enfin, Onoda rentra chez lui avec le sentiment du devoir accompli, et probablement aussi l’amertume de s’être gelé le cul 29 ans dans les montagnes pour rien. Bien qu’ayant fait des trucs pas très cool comme par exemple tuer des gens, Onoda bénéficia de circonstances atténuantes et fut gracié par le président.

Il coula des jours heureux au Japon où il fut considéré comme une sorte de héros local. C’était un peu moins le cas aux Philippines où les locaux lui reprochaient quelques menues incivilités comme par exemple d’avoir tué quelques personnes s’étant aventuré trop près de sa planque, chose qu’il omit astucieusement de mentionner dans son autobiographie. Ah et il est resté proche des mouvements révisionnistes aussi, ce qui n’était pas non plus très sympa. Et puis, au terme de cette vie particulièrement riche en émotions, Onoda mourut en 2014, à l’âge de 92 ans.

Sinon hormis le fait d’avoir hébergé dans ses murs cet étrange personnage, le quartier de Nakano, parce que je rappelle quand même que c’est de lui qu’on parlait au début, est désormais surtout connu du jeune public pour être « l’autre Akihabara », celle dont on parle moins mais qui possède pourtant un choix aussi grand sinon plus de mangas, jeux vidéo et leurs produits dérivés. Si vous voulez une vraie expérience de quartier otaku c’est plutôt ici qu’il faut vous rendre, Akihabara étant devenu un vrai quartier touristiques où vous croiserez presque autant de français que de japonais.

20141021_171411Pierre Fulla était déjà reparti.

Nakano Broadway, c’est un centre commercial très orienté manga/retrograming. Étant client des deux je me suis évidemment des tas de merdes, et ai fini la journée à Shibuya (pas de photos, mais j’y résiderai la semaine prochaine donc c’est pas les occases qui manqueront) pour acheter encore d’autres trucs à Kiddyland, l’un des principaux magasins de jouets de la ville. Je devrais bientôt pouvoir ouvrir un musée Rilakkuma à Poissy. Et demain… ah bah shopping aussi, direction Akihabara. Et un peu de batting, je voulais aujourd’hui mais pas eu le temps. Visite du stade de baseball aussi (Tokyo Dome) et de ses boutiques, évidemment. Bref encore une journée chargée mais au moins je perdrai pas de temps dans les transports cette fois, tout ou presque est au même endroit. Reprise des visites Jeudi avec je l’espère le premier vrai paysage d’automne de mon séjour.