19 Octobre : Outai, Fujioutai ?


Résumé rapide des lieux visités :

  • Kawaguchiko
    • En bus : un peu moins de 2h de trajet depuis Shinjuku, 3500¥ aller-retour (non couvert par le JR Pass)
    • En train : environ 2h30 depuis la gare de Tokyo, puis via Otsuki. Environ 5000¥ aller-retour dont 3000 couverts par le JR Pass

Coût total : au moins 2000¥ avec JR Pass, sans pass le bus est une meilleure option pour pas beaucoup plus cher (3500¥)

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Kawaguchiko

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Kawaguchiko: 35.517095, 138.751779

C’est donc aujourd’hui qu’aura lieu la ballade que j’attendais le plus de toute la première semaine, avec la visite du lac Kawaguchi à proximité du mont Fuji. Ca devait à la base être Mardi, mais le temps de ce Dimanche semble parfait en termes de visibilité, ce qui n’est pas le cas des autres jours.

Avant toute chose, l’instant fanboy (c’est à 50m de mon appart):

QG officiel des fans, rien que ça. Un de ces matins je ferai aussi la chasse aux statues, il y en a 7 disséminées dans le quartier, chacune à l’effigie d’un personnage.

Direction le quartier de Shinjuku ensuite, qui fera l’objet d’une visite dédiée des prochains jours. C’est immense, ça fourmille de monde, y a des tours entières de magasins et de bars partout, c’est l’image qu’on se fait généralement de Tokyo en gros avec ce que ça implique d’adolescentes aux goûts vestimentaires « originaux ».

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Mais bref, direction l’unique destination du jour: le lac donc, à 1h45 en bus depuis Shinjuku. Dans le bus deux personnes se font remarquer parce qu’elles ont piqué (involontairement cela dit) la place d’un autre. Ce sont des français, je m’enfonce dans mon siège pour pas que ça me retombe dessus.

On arrive sans encombres, tout le monde ou presque se dirige vers les bus à touristes. Moi je mange pas de ce pain là, je me suis fixé un objectif: tour complet du lac (un peu plus de 20km), à pied. Les jambes répondent bien, les pompes sont confortables, c’est parti.

Flag of Fujikawaguchiko

Préfecture : Yamanashi

yamanashi

fujikawaguchiko

kawaguchiko

Petite ville sans histoire(s), Fujikawaguchiko est surtout connue pour le lac dont elle partage la propriété avec la commune voisine de Minobu. Ce lac, vu que c’est surtout lui qui nous intéresse ici, fait partie de ce que les japonais nomment « La région des 5 lacs du Mont Fuji », ou Fujigoko en langue locale.

Si ce n’est pas le plus grand (six bons kilomètres carrés quand même), c’est en revanche celui qui a le rivage le plus long, et pour l’avoir moi-même parcouru je n’ai aucun problème à y croire.

Le lac étant le plus touristique des 5, on y trouve globalement de quoi faire : gares ferroviaire et routière, hôtels en centre-ville, onsen à divers endroits autour du lac… sans oublier des sanctuaires qui étaient quant à eux là bien avant les touristes. L’un de ces temples rend notamment hommage à Shingen Takeda, un seigneur ayant régné sur la région au cours des années 1500.

Et c’était pas n’importe qui, Shingen Takeda. L’histoire raconte ainsi que, alors que l’armée de son daron était en train de se faire ouvrir par des samurai d’un clan rival, la mère de Shingen encore enceinte se planqua un peu comme elle put et donna naissance à son fils. La rumeur atteignant les oreilles des soldats, ces derniers se trouvèrent soudain (et pour des raisons que je m’explique difficilement) galvanisés par cette nouvelle et repoussèrent l’ennemi, probablement en chantant « IL EST NÉ LE DIVIN ENFANT » de toutes leurs forces.

Apparemment le gamin chopa un peu le melon suite à ça, puisqu’arrivé à l’âge adulte il se rebella contre son père, qui avait plutôt dans l’idée de nommer son autre fils comme successeur, et prit le contrôle du clan. Son premier objectif fut de contrôler totalement la province de Shinano, désormais connue sous le nom de Nagano. Globalement ça s’est plutôt bien passé, le monsieur étant fin stratège, même s’il subit une défaite un peu rude contre le seigneur Yoshioki Murakami. Takeda se vengera peu après en détruisant le clan Murakami, qui décida de se retirer totalement du wargame pour écrire des livres à la place.

Et parce qu’apparemment la famille Takeda est quand même un peu compliquée, le clan verra son expansion freinée suite à quelques bisbilles internes : Shingen, le taulier, découvre ainsi que son cousin envisageait de le trahir. Ah et puis son propre fils aussi. Et comme Shingen rigole pas avec ces choses-là, il ordonne au premier de se faire seppuku et condamne le second à deux ans d’exil dans le temple Tokoji, dans une relecture un peu hardcore du « file dans ta chambre ». Mais bon, autres temps autres moeurs comme on dit, et puis c’était une faute un peu plus grave que de s’être pris une heure de colle par la prof de japonais.

Le fils indigne y mourra deux ans plus tard, ce qui laisse Takeda sans héritier et ça c’est un peu embêtant. Mais bon ça va il en aura d’autres ensuite, et reprend sa conquête des territoires voisins, allié notamment avec Ieyasu Tokugawa, futur shogun. Sur un CV ça fait pas mal, c’est un peu comme écrire que t’as joué au foot avec Zlatan ou un truc du genre.

Seulement Shingen ne contrôle plus son enthousiasme, et décide que tant qu’il y est il a qu’à meuler la face de Tokugawa aussi tiens. Et ça se passait plutôt pas mal, les Takeda parvenant à bolosser aussi bien Tokugawa que Nobunaga (le shogun de l’époque)… jusqu’à ce que Shingen ne meure à l’âge de 49 ans, de maladie ou bien d’une balle tirée par un sniper embusqué, on sait pas trop. Ballot !

L’accès au lac se fait en zigzaguant dans des petites rues, rien de bien compliqué mais elles sont clairement pas pensées pour les piétons. En fait, à part dans certains gros quartiers de Tokyo, il n’y a pas de trottoirs du tout. Les piétons marchent sur le bord de la route, dans une zone délimitée que les vélos empruntent aussi. D’ailleurs même les trottoirs ils les emprutent quand y en a.

Après avoir assisté à un cortège de ce qui semblait être des bosozoku, groupe de loubards japonais qui se trimballent par paquets de 50 en faisant vrombir leurs motos (mais ceux là n’avaient pas l’air bien dangereux), voici enfin le lac. A partir de là j’ai dû prendre pas loin de 14000 photos.

Bon je continue, forcément déçu et en espérant que ça s’améliorera.

Les autres montagnes par contre on les voit hein, pas de problème.

Après au delà de ça c'est un chouette coin hein. Jusque que bon, voilà.

J’en profite pour me poser et bouffer un peu. J’ai bien marché, j’ai de la marge (je suis arrivé à midi et ne repars qu’à 19h) vu que le tour prend 5h d’après Google maps. Il est alors 13h30, et un coup d’oeil salutaire sur le GPS m’indique que j’en suis à peine au tiers, donc je repars assez vite.

Faute de Mt Fuji, je peux au moins observer l’autre attraction du moment même si on en est vraiment au tout début ici: les momiji, autrement dit les feuillages d’automne. Ca sera bien plus visible sur d’autres visites notamment début Novembre, mais on a déjà un début ici.

 

Un petit passage en boutique pour acheter des conneries de touriste, et c’est reparti. Et alors se termine, non pas la visite, mais la partie sympa de la visite. Car s’il est bien possible de faire tout le tour à pied, certains endroits sont clairement moins accueillants que d’autres pour les piétons.

Celui-là par exemple, je le classe dans les "peu accueillants"

Commence alors un calvaire de pas loin d’une demi heure à marcher en bord de route parce qu’il y avait que ça. Heureusement le sentier piétons finit par réapparaître, ainsi qu’un escalier qui s’enfonce dans la forêt.


On en est à environ 13km, mes jambes commencent à morfler mais suis-je réellement à ça près ?


Bon bah c’était pas très intéressant, mais commençant à flipper un peu sur l’heure je me suis pas non plus attardé. Y avait apparemment pas mal de trucs en s’éloignant un peu du lac. Un onsen (bains naturels), un village classique reconstitué… malheureusement le temps manque, tant pis.

J'ai été très content des les trouver eux. J'ai gardé la canette en souvenir, surtout que c'est quelque chose que je recherchais de longue date.

A en juger par le chemin en contrebas, mes défaillances d'orientation sont également valables dans le sens de la hauteur.

Je continue de souffrir et de traverser quelques bords de route inhospitaliers, mais arrive le coucher de soleil qui rend à nouveau la promenade plaisante (parce que ouais depuis une heure c’était plus trop ça):


IT’S DOGE

Et voilà la promenade qui se termine, je suis dans la dernière ligne droite.


Puissent les nuages arrêter de nous faire chier aussi.


Tell me what thy lordly name is on the Night’s Plutonian shore!

Alors au final: c’est un lac absolument superbe, aucun doute là-dessus. Je recommanderais pas forcément le tour complet car il y a 5 bons kilomètres qui ne sont pas du tout agréables à faire. Je pense qu’on peut largement se contenter de faire la « face » du lac qui est du côté de la station, ça fait déjà une belle distance à parcourir.
Bref c’était bien mais forcément rageant: aller au pied du Mont Fuji et ne pas le voir, c’est un peu comme aller en finale de ligue des champions et perdre sur un but de la bite à la 92e: même si dans l’absolu t’as fait un beau parcours, y a un sentiment de mal au cul qui prédomine à la fin.

Il restera heureusement une opportunité à Hakone (aux abords d’un autre lac, il y en a 5 autour du mont), voire depuis le shinkansen lorsqu’on quittera Tokyo. Après voilà, la météo c’est la loterie, et pourtant le temps du jour semblait idéal… aucun site ne prévoyait ces nuages ce matin quand je suis parti.

Il est maintenant temps de repiquer sur le centre ville. Tiens, j’aperçois un truc sur la droite:

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C’est marrant, dans l’absolu elle est pas terrible cette vue limitée façon burqa, mais j’avais tellement perdu espoir de voir la cime que je m’en suis largement satisfait.
Le retour en ville fut moins glorieux: la nuit était tombée, mon wifi portable m’a foutu en plan, j’ai donc dû me repérer au jugé. Après avoir erré une demi heure en marchant comme un poulet sans tête, je retombe sur la station. Ce qui signifie que j’ai FAIT LE PUTAIN DE TOUR. C’est dommage que les distributeurs vendent pas d’Energy 3000 parce que franchement je méritais. A en juger par le peu de personnes vues sur la journée, y a potentiellement qu’un connard qui a tenté ce truc dans la journée. Et vous avez de la chance, vous lisez son récit en ce moment même.

Sur la fin, même si mon intuition était bonne sur la direction de la station, j’ai quand même demandé de l’aide aux locaux. Le problème c’est qu’une grande majorité de japonais semble n’envisager que deux possibilités quand un étranger leur parle:

1) « Mon dieu il parle anglais, je ne sais pas/n’aime pas parler anglais alors je vais faire une croix avec mes bras et partir loin. »
2) « Cet homme vient de dire sumimasen, j’en déduis logiquement qu’il est bilingue. »

Et l’option 2 c’est l’enfer. Ils me parlent comme ils parleraient à leur voisin. Ils parlent trop vite, et en argot de blédard. Je repars de là tout penaud, je me suis terré au fond du bus et j’ai pleuré silencieusement. (mais avant j’ai acheté des souvenirs à la boutique)

Demain, c’est à nouveau en dehors de Tōkyō mais beaucoup plus près. Thématique : temples.

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