18 Octobre – La routourne a tourné


Résumé rapide des lieux visités :

  • Yokosuka
    • 1h10 de trajet depuis Tokyo, environ 1100¥ en aller simple (gratuit avec JR Pass)
  • Yokohama
    • 30mn de trajet depuis Tokyo ou depuis Yokosuka, environ 500¥ dans les deux cas (gratuit avec JR Pass)

Coût total du trajet pour la journée : environ 2000¥ ou 0¥ avec JR Pass

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Yokosuka - Yokohama

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Yokosuka - Dobuita Street: 35.281894, 139.666518
Yokohama - Landmark Tower: 35.454588, 139.631574
L\'arche où ce que y a une belle vue: 35.452743, 139.639361
Hikawa Maru: 35.446682, 139.651252
Parc de la vue du port: 35.440031, 139.654877

1 jour. C’est le temps durant lequel j’aurai tenu avant que mon sens de l’orientation de merde ne reprenne le dessus. Mais j’ai quand même passé une chouette journée.

La fatigue ayant fini par me ratttraper, j’émerge une bonne heure plus tard que prévu… tant pis, le programme est maintenu mais sera décalé. Ca commence par le sanctuaire Imado, que je n’avais pas eu le temps de faire hier. Retour à Asakusa donc, je vous dispense du trajet vu que c’est le même qu’hier, et qu’à moins de crécher au même endroit il ne vous sera de toutes façons pas très utile.

C’est un sanctuaire où auraient apparemment été créés les manekineko (cf entrée d’hier pour une définition plus élaborée). Et comme il abrite un couple de divinités (Izanagi et Izanami), il s’agit d’un temple dédié aux couples qui veulent se porter bonheur. Bon moi je suis pas spécialement concerné à l’heure actuelle, mais il paraît que ça marche aussi pour porter bonheur aux mi-couples.

Et le sanctuaire… bah rien de fou en fait. Tout petit, vide, avec quelques maneki par ci par là. C’est avant tout un lieu religieux et clairement pas pensé pour le tourisme. Même pas de crochet possible par la boutique pour faire le pigeon, elle était pas ouverte.

Entre ça et les svastika à l'entrée, pas très Charlie ce sanctuaire quand même.

Sur la route je tombe sur un entraînement de baseball pour enfants (c’est là que je me suis souvenu qu’on était Samedi). Ils sont jeunes genre 6-7 ans et la plupart sont meilleurs que moi. C’en est trop pour mon amour-propre déjà mis à mal par cette histoire de sanctuaire, je m’en vais.

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La gare de Shimbashi est accessible depuis d’autres lignes, qui peuvent être plus pratiques selon où vous vous trouvez : Yamanote (la seule ligne couverte par le JR Pass), Toei Asakusa, Tokyo Ginza, et New Transit Yurikamome.

Pour aller à Yokohama directement c’est la même ligne de train, la ville est sur le chemin entre Shimbashi et Yokosuka. Mais attention dans ce cas à prendre un train « Rapid Acty » (快速アクティー) et non un Commuter Rapid (通勤快速), car ce dernier ne s’arrête pas à Yokohama. Voir la page d’aide dédiée pour repérer quel type de train entre en gare.

Si vous souhaitez aller à Yokosuka et n’êtes pas à 20mn, il est possible de prendre la ligne JR Yokosuka dès Shimbashi, mais c’est plus lent. Dans tous les cas, le JR Pass couvre le trajet (compter environ 900¥ sinon).

Flag of Yokosuka

Préfecture : Kanagawa

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yokosuka

Installée bien tranquillement sur la péninsule de Miura, Yokosuka est, convenons-en, une ville globalement inconnue des touristes. Les guides touristiques ne s’y attardent pas spécialement et pour cause : il n’y a rien de particulièrement intéressant à Yokosuka. Son histoire suit d’assez près celle de Yokohama : sévèrement touchée par le tremblement de terre de 1923, la ville fut ensuite touchée par les bombardements américains en 1942. Elle resta malgré ça un point important pour l’armée japonaise, qui fut prise d’une frénésie de creusage, un peu comme les lemmings. 20 tunnels, 260 caves, un hôpital (!), une usine de fabrication de sous-marins (!!), le tout réparti sur pas loin de 30km histoire de pouvoir bosser tranquillement malgré les voisins américains du dessus qui font un peu trop de bruit.

Les américains y voient sans doute un intérêt plus grand, vu que depuis la fin de la 2e guerre mondiale ils ont une base militaire installée sur place, base qui a notamment joué un rôle majeur dans les guerres avoisinantes (Corée puis Vietnam).

L’autre population à qui cette ville évoquera des trucs, c’est les joueurs : plus précisément ceux qui ont possédé au début des années 2000 une Dreamcast et le jeu Shenmue, dont le début se déroulait dans cette ville. Pas une reproduction à l’identique non plus, mais on retrouve des noms de lieux, et même certains magasins qui se sont retrouvés transposés directement dans le jeu.

Pour les amateurs de bouffe, le curry de Yokosuka est sa principale spécialité : apportée au 19e siècle par les anglais (qui eux-mêmes venaient de piquer l’idée aux indiens), le plat a connu ses adeptes et s’est désormais parfaitement intégré à la cuisine japonaise, comme en témoignent les très nombreux restaurants spécialisés en curry dans tout le pays.

La prochaine étape, à 1h de train quand même, est donc la petite ville portuaire de Yokosuka. Connue là-bas pour abriter un gros contingent de soldats américains du fait de la présence d’une base navale américano-japonaise, en France les rares personnes qui connaissent ce nom l’associent plutôt au premier épisode de la saga Shenmue (RIP in peace) qui se déroulait dans cette ville. La ressemblance ne saute toutefois pas aux yeux, je n’ai pas reconnu grand chose (certains autres touristes sur Youtube semblent avoir été plus observateurs, et patients aussi). Ca reste quand même une petite ville agréable à parcourir, mais qui ne sort pas spécialement de l’ordinaire sur de simples photos.

Flag of Yokohama

Préfecture : Kanagawa

kanagawa

yokohama

yokohamaYokohama, capitale de la préfecture de Kanagawa, est la seconde ville la plus peuplée du Japon, et même la première d’après la page anglophone de Wikipedia, qui exclut Tokyo pour des raisons qui m’échappent. Mais bref, quoi qu’il en soit Yokohama c’est gros : 3.7 millions d’habitants, une fois et demie Paris quand même mais répartis sur une superficie 4 fois supérieure.

Au début, en l’an 115 avant Zlatan environ, Yokohama était un tout petit port de pêche : les gens étaient là tranquilles, personne venait les déranger, c’était la belle vie. Mais un jour retentit un hymne de mauvais augure. C’était le commodore Matiou Perry, potentiellement ancêtre-de, on sait pas trop les historiens sont partagés sur la question. Toujours est-il qu’il est pas très très content, et il dit au Japon « bon maintenant ça va bien hein de faire les autistes qui parlent à personne, vous ouvrez vos frontières afin qu’on puisse vous apporter les belles valeurs de l’occident ». Alors comme le mec avait fait le déplacement avec sa flotte personnelle de navires de guerre, le shogun s’est dit que bon, valait mieux pas faire de vagues (un comble pour une ville côtière, HAHA !) et accorder au monsieur ce qu’il réclamait. Yokohama devint donc un port ouvert sur l’international, ce qui ne manqua évidemment pas d’amener son lot de problèmes, comme par exemple des frictions entre marins et jeunes samurai qui menèrent à une guerre entre le Japon et l’Angleterre, ce genre de petits trucs. Enfin les vraies valeurs du capitalisme quoi.

Les années passèrent, Yokohama acquit sa petite réputation (au point que Jules Verne écrivit dessus dans « Autour du monde en 80 jours », tout en y ayant jamais mis les pieds), et puis en 1923 un très gros tremblement de terre rasa une partie de la ville, ce qui fait jamais plaisir. Elle fut reconstruite juste à temps pour être de nouveau rasée, par les bombardements américains de la seconde guerre mondiale cette fois. On imagine une certaine lassitude poindre à ce stade, mais la ville fut quand même re-reconstruite après la guerre, pour connaître l’aspect qui est le sien aujourd’hui.

En France, on connaît surtout Yokohama pour avoir hébergé la finale de la coupe du monde 2002, vous savez celle où avant même le début de la compétition Adidas nous annonçait déjà gagnants, mais finalement non. L’équipe de France n’aura d’ailleurs jamais vu le Japon lors de ce tournoi, ses 3 matchs ayant eu lieu en Corée du Sud.

Et pour nous touristes, Yokohama présente l’avantage d’offrir un cadre plus aéré que Tokyo, avec un front de mer franchement joli, le tout à moins de 30mn de la capitale.

En plus de s’en mettre plein les yeux, on pourra aussi s’en mettre plein la panse en visitant le quartier chinois, ou bien encore en testant le sanma-men, qui est le ramen local présentant la particularité d’être 100% végétarien. Mais on peut en fait tester plein d’autres ramen à Yokohama, qui héberge un musée (plutôt un mini-village en fait) dédié à ce plat, et où l’on peut tester les variantes de tout le pays. Histoire de faire descendre tout ça, la ville propose aussi de visiter une brasserie Kirin elle aussi aménagée en village, et puis s’il reste encore un peu de place après tout ça, direction le « Cup Noodles Museum » qui propose quant à lui de se faire son propre mix de nouilles déshydratées. Après le ramen y a moyen que ça soit un brin décevant par contre.

J’avais prévu de tenter les bains publics en rentrant, mais j’étais trop crevé et trop chargé aussi. Parce que ouais, chez moi une journée de tourisme sans acheter des conneries, c’est pas une vraie journée de tourisme. Alors en redescendant de l’observatoire j’en ai profité pour faire un peu le tour des magasins.

FAUT QUE J'EN ACHETE UN, FAUT QUE J'EN ACHETE UN

(en fait non, c’était pour placer une référence culturelle)

Et une boutique Jump. Sauf qu’ils avaient pas l’air trop chauds pour qu’on prenne des photos alors en voici une chopée sur internet plutôt.

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Quelle est cette sensation dans ma poche ? Mais oui, c’est ma carte bleue qui est déjà en train de fondre.

J’ai été raisonnable, seulement 3000¥ dépensés.

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La liaison Yokosuka-Yokohama n’est pas toujours directe : un changement de train à Ofuna ou Zushi.

Après une déception et une semi-déception, la journée était pas forcément partie sur les chapeaux de roue et je commençais à un peu avoir le venin. Mais il restait le gros morceau: Yokohama. Le planning est simple: à la sortie de la gare je traverse un parc et j’aperçois une grande roue, signe que je suis arrivé à proximité de Minato Mirai, le quartier d’affaires avec les buildings qui vont bien.

Le parc en question, plutôt agréable :

Arrivé au bout du parc je tombe nez à nez avec un monument remarquable, le fameux « mais putain elle est où la roue ». Mon wifi portable m’ayant foutu en plan je me suis repéré à l’instinct. Et j’ai un instinct mal calibré, de 180° environ.

Alors demi tour, et au bout de quelques minutes, j’arrive enfin sur le port. Vivant, ce qui n’était pas gagné car j’ai trouvé ma nouvelle nemesis : j’ai longtemps pensé que les utilisateurs de vélibs étaient l’une des pires engeances que la Terre ait porté, vaincus de peu par les roux, les marseillais et tout ce qui résulte de l’union inconséquente des deux. Mais en fait les cyclistes d’ici sont pires, tellement pires. Ils sont nombreux, ils sont sournois, je les hais.

Bref, après toutes ces péripéties j’arrive au port… sauf que la nuit tombe et que je commence à regretter mes errements de la matinée. Eh bah en fait non, il s’avère que c’est une erreur salutaire parce que Yokohama de nuit ça TABASSE. Je serais presque fier d’avoir un mauvais sens de l’orientation.

Clique ici pour voir un scandaleux étalage de consumérisme

Un porte monnaie Rilakuma c'est bien mais je préfère en avoir un de secours. Et puis même si c'est devenu de la merde, Prince of Tennis c'est :coeuraveclesdoigts:

La boutique, qui proposait des produits dérivées des séries majeures du Jump (mais Naruto était très discret… ringardisé ?), vendait notamment des planches colorées reprenant les moments majeurs de chaque série. Je m’en suis pris 3 sur Captain Tsubasa (bon l’idée de base était d’en offrir deux mais la tentation de tout ouvrir fut trop forte :(). Alors y a les trucs stylés:

Et puis y a le reste:

"Trop cool j'ai eu Ishizaki !", said NOBODY EVER

Et quand y en a plus y en a encore, je me suis posé 10mn et j’ai eu envie de retourner me promener dans le quartier. Je suis tombé sur mes colocs, sur d’autres français aussi, ça va permettre d’aller boire des coups dès cette semaine. Et puis pour finir, la salle d’arcade me faisait de l’oeil hier, j’ai cédé aujourd’hui.
J’y suis allé timidement avec un billet de 1000¥ seulement (et pas de moyen de retrait, je me connais), que j’ai mis dans une machine au pif, laquelle m’a donné 500 jetons en échange. Ca paraît beaucoup comme ça, mais ça part vite en fait. Je me suis assis à un « pousseur de pièces », bon le truc pas typique du tout mais j’en avais jamais fait et puis c’est des modèles plus élaborés. Normalement quand on sait jouer on va ensuite échanger ses pièces contre un lot. Moi j’ai fini avec du rien, mais ils ont été sympas ils m’ont quand même échangé tout le rien contre le droit de revenir quand je veux. Et je compte bien revenir d’ailleurs, ok c’est de l’arnaque ces machines mais ça m’empêchera pas d’aller leur fumer leur race. Surtout que je dois encore essayer le pachinko.

Et après une ultime ballade, fin définitive de la journée. Un peu plus de 24h que je suis là et j’aime vraiment ce quartier, l’impression de vie qu’il dégage tout en étant assez calme. Faudrait que je prenne des photos de ce quartier d’ailleurs. Peut-être même que si un jour je deviens vieux, ce dont je doute avec la vie que je mène, j’écrirai un book sur ce quartier.

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