25 Octobre – Et on se pèlera le jonc ♪


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Comme la carte le montre, le trajet du jour est un peu erratique, et surtout trèèèèèèèèès long. Mais y a les bains à la fin donc ça va. Et encore des fjords ! Pour couronner le tout, ce soir on dort à la ferme.

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Les premières traces de vie humaine à Seyðisfjörður remontent directement aux tous premiers colons d’Islande. On pense que le premier homme à y avoir mis les pieds fut l’illustre Olaf Olafsson, aux alentours du 8e siècle.
Seyðisfjörður ne devient cependant une ville qu’en 1848, année également connue pour son chocolat noir de grande qualité qui passe très bien après le dessert avec un petit After Eight, ou au matin avec des tartines beurrées. Je découvre d’ailleurs en rédigeant cet article que si la poudre chocolatée est toujours vendue, ce n’est pas le cas des tablettes qui ont été retirées de la vente. Enculés !

En 1864, la ville commença son activité de chasse aux baleines sous l’impulsion de l’américain Thomas Welcome Roys, car évidemment quand y a des êtres vivants à dézinguer les américains ne sont jamais bien loin.

Pendant la guerre, le fjord fut utilisé comme base anglo-américaine, car Seyðisfjörður aurait été le probable point de chute des russes si jamais ils avaient décidé de s’aventurer jusque là. Quant à l’activité de pêche, elle tomba peu à peu en décrépitude et la ville vit aujourd’hui principalement du tourisme.

 

Mais en fait cette balade n’en fut pas vraiment une, puisque victime collatérale d’un gros coup de flemme la veille, alors que le moment était idéal pour y aller. Dommage, la petite ville au bord du fjord était probablement l’une des plus charmantes qu’on ait vues. Quelques photos en guise de lot de consolation:

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Le bain chaud d’où on a pu ne pas contempler les aurores.

Et comme il n’y a rien de mieux qu’un fjord à part deux fjords, on se dirige de ce pas vers le suivant, Borgarfjörður. Sur la route on croise un peu de faune locale qu’on avait pas encore eu l’occasion de voir. Je ne parle malheureusement pas des sternes ou des renards arctiques, mais des rennes, ce qui est déjà très bien aussi.

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Animaux remarquablement silencieux, un peu comme le stade de l’équipe éponyme.

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Le chef commençait à nous jeter des regards zehef donc on est partis. La route vers le fjord était longue et sinueuse, mais au moins ça se bousculait pas vraiment sur la chaussée, on a dû croisier en tout et pour tout 5 voitures sur une heure et demie.

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Et nous voici à Borgarfjordur.

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Tout petit village de 100 habitants, Borgarfjörður tiendrait apparemment son nom d’Álfaborg (rocher aux elfes) dont j’ai toutes les peines du monde à voir ce qu’il a en commun au niveau phonétique. Enfin bref, les falaises des elfes sont visibles juste à côté et on dit que la reine des elfes en personne y vivrait, j’imagine qu’à la seule lecture de ces mots Stéphane Bern a déjà réservé son voyage.

 

Outre le point de vue outrancièrement beau qu’offre le fjord, on trouve quelques curiosités locales comme cette maison au toit verdoyant, que j’ai cadrée aussi bien que Cavani devant le but.

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C’était pas mal là ?

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Avant de continuer la route, c’est l’heure du jugement.

On the road again again… Et de la route de merde en graviers et enneigée en plus. L’avantage du 4×4 avec des pneus cloutés c’est qu’à part consommer la mort, on peut rouler à 120 km/h sur ces routes pourrites : Fuck the Police!
Bon sinon les fjords c’est juste encore magnifique! Des paysages somptueux à perte de vue et personne pour les gâcher…

– Romain

Quelqu’un de mal intentionné pourrait résumer notre visite du fjord à « rouler 2h, ramasser des cailloux 30mn, rouler 2h ». C’est réducteur, mais pas totalement faux. Les cailloux sont très beaux, et j’ai pu démontrer mes talents de ricochets (mon galet doit d’ailleurs arriver sur le Groenland à l’heure qu’il est). Je ne sais plus combien de fjords nous avons vu cette semaine, mais on ne se lasse pas. Par contre l’hiver je ne vois pas comment ils peuvent rouler autrement qu’en chasse-neige. Ils sont fous ces islandais.
– Sylvain

Encore et toujours du décor plein les mirettes, on pourrait croire qu’on se lasserait, mais non. On a cette fois agrémenté notre balade d’une chasse aux cailloux, le fjord étant accessible très facilement on avait du temps devant nous. Il y en avait tellement, tellement…
– Jérem

Combien on en a vu des fjords… 4 ? 5 ? A force je sais plus, mais en tous cas Borgarfjörður était clairement pas le plus laid. De la route enneigée pour y aller jusqu’au paysage mi-marin mi-apocalypse qui nous attendait en bas, on se sent vraiment au bout du monde (je l’ai déjà dit hier non ? Pas le même bout du monde du coup, l’autre). Et truc bizarre, ville totalement désertique à quasiment midi alors qu’on était Dimanche. Franchement ça fait un cadre parfait pour un film d’horreur avec des gens qui décident de faire 2 groupes de 2.
– Marlon Rando

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A peine le temps de profiter du paysage qu’il faut déjà se remettre en route, car la prochaine étape n’est pas tout près: il s’agit des chutes de Dettifoss, les plus grandes d’Europe niveau débit. Elles font partie du « cercle de diamant » qui fait immédiatement écho au cercle d’or, mais contrairement à ce dernier on ne le fera pas en entier parce que c’est comme ça, inutile de réclamer le conseil a décidé d’éliminer les autres destinations et sa sentence est irrévocable.

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Commence alors la traversée d’un gigantesque no man’s land enneigé, pas forcément très rigolo mais extrêmement impressionnant tant il s’en dégage une impression de vide. Un peu comme quand on regarde Secret Story mais en mieux.

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Autre faune locale, et ils sont pas plus avenants que chez nous.

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Tu prends la porte bleue, l’histoire s’arrête là, tu te réveilles dans ton lit, et tu crois ce que tu veux. Tu prends la porterouge, tu restes au Pays des Merveilles et je te montre jusqu’où va le terrier.

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Par moment les conditions climatiques étaient carrément optimales.

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Après cette longue traversée du désert, direction Dettifoss, et si vous êtes attentifs à la façon dont sont écrits les lieux en islandais, vous aurez pigé qu’il s’agit de chutes d’eau. On est un peu passés par tous les états vu qu’en premier lieu on tombe sur ça.

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Sauf qu’on est des oufs donc on a décidé d’y aller quand même #thuglife

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Mais l’escapade rebelle a été de courte durée vu que d’épaisses chutes de neige ont fini par freiner définitivement notre folle échappée. Résignés, on se dirige alors vers l’hôtel… avant de réaliser qu’en fait il y a une autre route qui mène aux chutes et que celle-là n’est pas fermée. Nouvelle tentative donc, fructueuse cette fois, mais à laquelle il aura quand même fallu rajouter une dizaine de minutes de marche dans la neige. Et autant dire que ça valait la peine d’insister car le machin est pour le moins impressionnant et en impose salement.

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En bonus, petite descente le long d’un escalier glacé pour mieux voir la chute, autant dire qu’on faisait moyennement les fiers mais ça valait le coup.

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Puis direction la cascade « bis » de Selfoss, avec un petit voyage au delà du Mur.

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Dézommé, zoomé, zoomé mais pas trop, j’offre un panel varié.

Et l’habituel avis sur cet ensemble de cascades.

Putain que cette route est longue et avec des conditions catastrophiques (vent, neige, brouillard). Et puis c’est le drame: la piste menant au chute est fermée, imaginez la déception en voyant un monticule de neige empêcher notre avancée. On fait donc demi-tour au frein à main (on s’en fout y a personne…) et on improvise une bataille de boules de neige pour évacuer notre grande tristesse…
Jusqu’à ce qu’on réalise qu’il y a une deuxième route… et miracle on arrive aux chutes dans un décor de glace juste surréaliste… Les photos parlent d’elles mêmes! Et mon dieu qu’il fait froid!

– Romain

Parfois on se demande pourquoi on met plein de vêtements de même type dans une valise : et bien pour pouvoir tous les mettre en même temps. Là il y avait du froid. Lille c’est les tropiques en comparaison. Mais ça nous a permis de faire de belles photos de cascades, avec les stalactites qui pendent des pierres et cordes, et bulles de glaces sur les quelques végétaux non recouverts par la neige. Il faisait froid, mais on s’est permis tout de même une petite bataille de neige au milieu de nulle part. En résumé, c’est bon mais c’est froid.
– Sylvain

Le genre de chute qu’on n’a pas envie de louper (un peu comme celles des marioles qui se vautrent en roues arrière). 100m de large, 44m de hauteur, CHUTE3000, LA CHUTE DES VRAIS BONHOMMES !
– Jérem

Dettifoss, ça a été plein de sentiments à la fois: la déception quand la route qu’on prend au mépris du danger devient finalement inabordable, la résignation en repartant, la joie de retrouver par hasard une autre route qui mène au Graal, l’extase devant la majestuosité (je viens de l’inventer je le trouve plutôt joli) du lieu, et puis cet instant où on pète un peu liquide parce qu’on a entrepris de descendre un escalier glacé, qu’on regrette amèrement cette décision mais qu’il est de toutes façons trop tard pour faire demi-tour. Et puis la puissance du machin… Le tout en ayant parcouru un chemin tellement enneigé et au milieu de nulle part qu’on s’attend à voir des marcheurs blancs débouler d’un moment à l’autre.
– Marlon Rando

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Et après quelques kilomètres supplémentaires il est ENFIN l’heure de se poser aux Myvatn Natural Baths, le pendant nordique du Blue Lagoon mais avec des tarifs un peu moins abusés. A la base on devait y aller le lendemain matin mais la perspective de peut-être voir une aurore pendant qu’on se baigne a fini par convaincre tout le monde. Et si les bains islandais sont régis par moins de règles que leurs équivalents japonais, il y a quand même des règles à connaître pour éviter les impairs. Une petite séance de vocabulaire s’impose.

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Sans plus attendre, voici la phrase du jour:

Halló, viltu sjá typpið mitt ? -> Coucou, tu veux voir ma bite ?

Vu qu’on commence à être assez balaises en islandais, il n’y a ici que peu de tournures qui posent réellement problème:

– « Halló » demande juste de faire attention à sa voyelle finale, prononcée de façon fermée « au » ce qui donne « hallau »
– « viltu » pas de piège ici ! Se lit comme il se prononce.
– « sjá », on n’oublie pas la prononciation particulière du á et le j qui se prononce comme un y: « syao »
– « typpið », le y se prononce é comme on l’a déjà vu, et il faut aspirer avant le double p: « téhppith »
– « mitt », pas de piège ici.

On dit donc « Hallau, viltu syao téhppith mitt ? ». Astuce: attendez d’avoir bien profité du bain avant d’émettre ce type de proposition, de préférence dans un établissement où vous n’aviez pas prévu de retourner.

 

Bon au final c’était pas mal mais les aurores boréales on les attend toujours, ça aura quand même eu le mérite d’offrir un moment de relaxation plutôt bienvenu. La très chouette chambre d’hôtes jouxte une ferme, autant dire que niveau bouffe ça a une fois de plus été la régalade au petit dej.

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Fruits secs, céréales, yaourt, je savais pas quoi choisir donc j’ai tout mis.

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Du lait trait seulement une heure avant ! Verdict: c’est du lait.

Parlant de traire justement, les vaches et tout le matos étaient dans la pièce juste à côté du resto:

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Pain cuit au geyser… sauf que c’est un pain sucré, type pain d’épice, assez collant et bourratif. Grosse déception, je courais après depuis une semaine et finalement c’est pas terrible.

 

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