21 Octobre : Dans la vallée, oh oh


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Journée assez tranquille, pas énormément de route, pas trop d’étapes, ça laisse le temps de profiter, bref on est bien. Petit aperçu du coin où on a passé, la nuit, l’appart était merdique mais on avait une plutôt belle vue. En même temps c’est l’Islande, même dans le cul d’un cheval on a une belle vue.

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That’s a nice car you have. It would be a shame if it… BROKE DOWN

Après un copieux petit dej (à volonté donc en bons français on s’est gavés autant qu’on a pu) on démarre tout près de là où on s’était arrêtés hier, puisqu’à quelques minutes de Hveragerði se trouve la vallée de Reykjadalur, où nous attend une courte randonnée d’une heure et demie. Sauf qu’il s’est avéré que suite à quelques choix discutables, au bout d’une heure et demie on avait tout juste atteint le début d’une randonnée qui à elle seule durait plus de deux heures, bref pour faire court on a légèrement dépassé le temps prévu. Du plat, de la montée (beaucoup de montée), des paysages incroyables, et puis après de longs efforts, la grosse récompense.

Tout d’abord l’acte 1, « on pensait que c’était là mais en fait non, mais c’était sympa quand même ».

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Les fumerolles, et leur douce odeur qui pique un peu le nez, les yeux, la gorge aussi.

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Là c’est de la boue qui glougloute, de la boubouillante donc. Mais bon en photo c’est pas flagrant.

C’était mieux là.

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Une très jolie maison, mais on peut pas en dire autant de ses voisines qui faisaient plus penser à Tchernobyl qu’à l’Islande.

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Après avoir rencontré un garde forestier sympa, nous voilà enfin sur la route qui nous mène à ce qu’on cherchait.

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Sauf que ce qu’on cherchait, bah ça monte, et ça monte, ça ne s’arrête jamais.

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Et si une fois en « haut » la vue est pas dégueulasse, il en reste encore pas mal à faire.

Et enfin on arrive dans la vallée, oh oh, avec ses fumerolles et sa flotte à 80 degrés minimum. Autant dire que c’est comme le caca des pigeons, faut pas toucher.

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Terre brûlée au vent des landes de pierre

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Autour des lacs, c’est pour les vivants

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Un peu d’Enfer, le Reykjadalur.

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Non mais… non mais t’es complètement irresponsable ?!

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Là encore faut visualiser la boue en ébullition.

En vidéo ça donne ça, là encore dans les conditions du direct avec nettoyage de l’objectif à l’arrache vu qu’il avait moyennement apprécié la fumée:

Et on touche enfin au but, avec cette petite rivière qui paye pas forcément de mine comme ça mais dont la température s’élève à près de 30 degrés si on la remonte suffisamment.

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Comme en témoigne ce local qui semblait avoir ses habitudes.

Alors évidemment nous aussi on y est allés, et même si la sortie fut un peu rude (au niveau des pieds surtout), un gif résume le tout:

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Et puis après une bonne demi heure à profiter, la redescente, parce que bon on est pas d’ici. Vu qu’on est repartis par le même chemin, rien de bien nouveau paysages.

Les avis du jury (incomplets pour l’instant, voir en fin de note) sur cette fantastique randonnée (et sans pluie, contrairement à la veille):

Après un léger détour de 3km (à pied) et une petite ascension qui va bien, on termine par une baignade dans un torrent de montagne chaud, je dis OUI.
– Romain

Paysage magnifique et sauvage (ce qui n’était pas sans me rappeler l’Ecosse), avec comme particularité les torrents d’eau à 30° et les sources d’eau à 90° jaillissant de trous dans le sol. A voir, les deux sont pas mal. A ressentir, le torrent est très agréable (ce qui n’était pas sans me rappeler ma baignoire), mais les vapeurs émanant des troucs boueux ont cette fameuse odeur d’oeuf pourri (ce qui n’était pas sans me rappeler la station Madeleine sur la 14), ce qui était moins agréable.
– Sylvain

« Et le garde du domaine leur dit alors: « allez-donc voir là-bas si j’y suis. » » Et ils y allèrent. Ils marchèrent longtemps. Très longtemps. Et enfin, le miracle s’accomplit.
– Jérem

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VERDICT FINAL: 4.8 saumons sur 5

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Et après tous ces efforts, quel bonheur de retrouver la bagnole et de pouvoir se diriger vers notre prochaine destination… sauf que la bagnole bah elle voulait plus démarrer.

Ouais parce qu’en fait depuis 3 jours on coupait pas le contact correctement: on se contentait de tourner la clé jusqu’à ce que coupure de moteur s’ensuive, alors qu’en fait il fallait tourner, appuyer, revenir en arrière, libérer, délivrer, faire haut bas gauche droite, l1+carré pour la célébration du saumon, et là le contact est coupé. Comme on faisait pas ça la batterie a pas trop aimé, car même les batteries viking c’est plus ce que c’était . On s’en tire avec seulement 20€ d’intervention, mais des fesses ont claqué et c’était pas juste à cause du froid.

On est allés acheter des bières pour oublier, sauf qu’à 36€ les 6 litres de bière bah ça nous a pas réconfortés des masses. L’alcool en Islande c’est spécial: introuvable en supermarchés (c’est même pas que c’est planqué c’est carrément interdit), il est vendu uniquement dans des magasins qui appartiennent à l’Etat. Qui se gave plutôt bien du coup, avec son petit monopole.

Et après tout ça on reprend la route, pas très compliquée aujourd’hui puisque tous les points d’intérêt sont au bord de la route circulaire, à commencer par la chute de Seljalandsfoss, beaucoup moins imposante que Gullfoss mais pas moins belle. Avant d’arriver là, on traverse Hvolsvöllur, ville sans grande histoire elle non plus (elle est tout de même le lieu d’une des histoires les plus connues de la mythologie islandaise, relatant les aventures de l’illustre Olaf Olafsson) mais qui offre quelques beaux points de vue.

Et juste après voici la chute, livrée avec ses 15 cars de chinois. Dont certains étaient carrément montés sur des pneus de 4×4 (les bus, pas les chinois), la photo arrivera ces prochains jours.

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Quand on est en dessous la vue est superbe mais on se prend le combo embruns + il fait froid sa mère

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Deux petites chutes supplémentaires à côté, et il semblerait qu’il y en avait une supplémentaire qu’on a pas vue, qualifiée « d’effrayante » par le Lonely Planet (qui est plutôt mauvais pour l’Islande, ne l’achetez pas).

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A noter qu’à proximité des chutes se trouvent deux endroits également connus mais qu’on a laissés de côté: le massif de Þórsmörk, idéal pour des longues randonnées estivales mais quasi-inaccessible l’hiver, ainsi que le volcan Eyjafjallajökull connu dans le monde entier pour avoir provoqué des perturbations du trafic aérien, et en France pour avoir provoqué un nouveau film de merde avec Danyboon.

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Et la dernière étape du jour est… une chute d’eau, parce qu’on en avait pas encore fait suffisamment. Celle-ci s’appelle Skogarfoss, et elle est une nouvelle fois bien balaise, avec l’énorme avantage d’être garantie sans bus de touristes.

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Un petit bilan de ces 2 chutes (bon allez 4 si on est gentil), par le désormais habituel panel d’experts (dont une partie s’est fait porter pâle):

Certes impressionnantes, mais après une belle rando notre jugement est forcément biaisé.
– Romain

La cascade étant accessible en car, nous retrouvâmes les hordes de touristes armés de trépieds et perches à selfies, venant de quelque contrée orientale que je ne nommerai pas afin de ne pas les stigmatiser outre mesure. Pour la première étape de cascade, on pouvait passer derrière l’eau, c’était sympa, pour la seconde, un escalier nous menait àun promontoire surplombant la cascade, c’était sympa. On a pris des photos, c’était sympa. Mais j’ai pas vu de saumon, dommage.
– Sylvain

Gros potentiel publicité Tahiti douche.
– Jérem

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VERDICT FINAL: 3.8 saumons sur 5

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La dernière étape nous mène à Vik, charmante petite ville du bord de mer. Sale journée néanmoins pour les férus d’anecdotes car ce n’est pas non plus Vik qui vous fournira votre dose quotidienne: si sa plage de sable noir est considérée comme l’une des plus belles au monde, la ville n’a en revanche rien connu de particulier dans son histoire. Tout au plus une légende voulant que les colonnes de basalte que l’on aperçoit en mer seraient des anciens trolls qui seraient restés là après avoir été surpris par le lever du soleil, pire ennemi du troll. Enfin de toutes façons la nuit tombait donc on se garde ça pour le lendemain matin. Direction l’hôtel juste en bordure de la ville et ça va, globalement on est pas mal.

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Bon du coup faute d’anecdotes historiques on va se faire un petit break linguistique hein ?

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Après avoir vu les deux caractères propres à la langue islandaise que sont ð et þ, revenons ici à des lettres bien de chez nous. Et qui sont justement encore pires vu qu’elles ne se prononcent que très rarement comme chez nous. Vu que c’est déjà bien assez chiant comme ça on va s’axer sur des cas pratiques, avec des phrases que chacun est susceptible de devoir utiliser lors d’un voyage en terres islandaises. En voici une première:

Ég ætla að gera kúkur -> J’ai besoin de faire caca.

On a ici pas moins de quatre difficultés:
– Ég, avec son bel accent aigu, se prononce évidemment comme un accent grave, et comme si on mettait un « i » devant. « Iègh », donc.
– æ, phonème rarissime dans la langue française (et quand on l’a c’est des mots d’origine latine), se prononce « aïe ».
– g, quand il est en début de mot et devant un e, se prononce « gi ». Ici on dit donc « gièra »
– on notera enfin la présence de deux u différents dans le dernier mot. Evidemment chacun a sa prononciation, et l’ensemble se dit ici « koukur »

Vous savez donc désormais exprimer un besoin pressant: iégh aïtla ath gière koukur. Alors après, est-il opportun d’en informer un inconnu plutôt que vos amis (qui en principe parlent français), ça c’est à vous de voir.

 

Et voilà donc qui clôt cette seconde journée entière au pays de la glace et du feu. Et avec deux randos assez costaudes de suite, une nuit assez courte, les premiers effets de la fatigue se font déjà ressentir, à tel point qu’au moment de finaliser cette note de blog on avait déjà deux morts qui n’ont pas été en mesure de fournir leurs opinions sur la journée écoulée.

Ca nous a évidemment pas empêchés de bouffer un peu quand même. Mais comme on a siroté des cup a soup devant le match du PSG c’était pas forcément palpitant à relater, heureusement j’ai tenté (et j’insiste bien sur le JE, car personne n’a osé me suivre) un plat « traditionnel » qui se traîne une bien sale réputation.

 

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Le hakàrl, ou requin faisandé, ou « qu’est-ce que c’est que cette merde », est un plat qui avait une histoire tragique avant même d’exister. Car figurez-vous, et là j’espère que tout le monde est bien accroché à son siège, que le requin est un animal qui n’urine pas. Eh ouais, c’est le genre de truc où on se dit « ah merde » tout de suite après l’avoir lu. Mais alors comment évacue-t-il cette urée encombrante ? Eh bien messieurs-dames, il la transpire. Oui, le requin transpire de la pisse, alors la prochaine fois que vous pesterez dans le métro parce que votre voisin pue la sueur, dites-vous que ça aurait pu être pire. Et on s’imagine bien que ça lui fait pas plaisir au requin, alors forcément de temps en temps il calme ses nerfs en allant bouffer un surfeur ou deux, c’est compréhensible. Et quand ils viennent se plaindre que quand même c’est pas facile de vivre avec une jambe en moins, vous croyez qu’ils y pensent les surfeurs au requin qui transpire de la pisse depuis tout petit ? Même pas ça leur effleure l’esprit, enculés de surfeurs.

Mais vient un jour où notre brave requin finit par trépasser, naturellement ou plus vraisemblablement après une malencontreuse rencontre avec LadyShark92, croisée sur meetic et qui s’avérait finalement être l’illustre Olaf Olafsson, pêcheur islandais de son état. Ce dernier pourrait alors être tenté de consommer le requin tel quel. FAUTE ! Car comme expliqué précédemment le requin est blindé d’acide urique, ne pouvant l’évacuer sur commande il faut qu’il attende d’avoir tout transpiré. Alors Olaf à qui on la fait pas, entreprend d’enterrer son requin sous un mélange de sable et de graviers et de le laisser là pendant 2 ou 3 mois, après tout il est plus vraiment pressé. Puis Olaf déterre son requin, le découpe, et PAF ! Ca fait ce truc-là:

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Ca a pas l’air très appétissant, et dites-vous que les apparences sont encore très largement en dessous de la réalité. L’odeur, le goût, tout est atroce.

Généralement les islandais font passer le goût en buvant un coup de ce truc:

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C’est dégueulasse aussi mais sur le moment ça sera le meilleur alcool que vous boirez de votre vie.

Le hakarl, vu par ceux qui ont osé le tester:


– moi-même

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Sur ce, j’vous dis à tous bye (ça veut dire tchao en anglais).

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