Onsen : entre tradition et modernité (et zgeg au vent)


L’une des premières choses que l’on veut tester quand on arrive au Japon, c’est évidemment les mangas et les jeux vidéo parce que c’est ça le vrai Japon. Mais si on a plus de 16 ans, l’une des premières choses que l’on veut tester c’est les bars à hôtesses les bains japonais. Seulement voilà, vous avez sans doute entendu tout un tas d’histoires comme quoi les bains japonais c’est forcément à poil, que tout le monde vous regarde et que les gens sortent de l’eau en poussant des cris parce que vos attributs sont (d’après les statistiques officielles de twitter) 8 fois plus larges que les leurs.

Comment distinguer l’utile de la légende urbaine ? Quelle est l’attitude à adopter pour ne pas se faire trop remarquer ? Péter dans l’eau, blague universelle ou incident diplomatique ? Le Patron répond à toutes vos attentes, et tellement plus encore.

 

Les types de bains

C’est déjà la première subtilité : on distingue deux (allez, on va dire trois) grands types de bains japonais : le plus typique, celui qui s’éloigne le plus de ce qu’on peut avoir chez nous, c’est l’onsen. Ce qui fait sa spécificité, c’est son eau : forcément de source, naturellement chaude, sinon c’est de la triche ça compte pas. Forcément les onsen se retrouvent la plupart du temps dans des régions montagneuses, à proximité des volcans… c’est rarement simple d’accès, mais le paysage (le bain extérieur ou rotenburo est une étape indispensable lors de toute visite) fait que le jeu en vaut souvent largement la chandelle.

Les onsen sont très souvent adossés à un vrai ryokan (auberge traditionnelle souvent luxueuse), ce qui est bien pratique vu que l’accès difficile fait qu’il est souvent conseillé de dormir sur place pour en profiter. Mais si vous n’avez matériellement pas le temps pas de problème : la plupart des établissements vous permettront d’utiliser l’onsen en tant que visiteur extérieur. Les tarifs sont variables selon la beauté des lieux et le nombre de bains à disposition, mais comptez au moins 1000 yen en général, jusqu’au double dans les très beaux endroits. A noter que de nombreux onsen se vantent également de leurs vertus thérapeutiques, grâce aux divers minéraux que contient l’eau de source.

 

Si vous avez envie de vous baigner à moindre coût, et si vous n’avez que modérément envie de vous farcir 3 heures de transports depuis la grande ville la plus proche, il reste la solution du sentō. Il s’agit ici de bains publics dont l’eau est chauffée électriquement (donc c’est de l’eau de ville en général), donc forcément ça fait moins rêver mais outre le prix on leur trouve un gros avantage : il y en a partout et notamment dans les villes. Chaque quartier a le sien (voire les siens), ils ne sont pas toujours évidents à repérer mais une chose est sûre, ils sont là. Comptez 300 yen en général, pour ce prix évidemment c’est le minimum syndical : un bassin en intérieur et c’est tout.

 

Dernier cas, un peu dans le prolongement du précédent : les grandes villes et notamment Tōkyō ont tendance à compenser l’absence d’onsen en créant des super-sentō : l’eau n’est toujours pas naturelle mais cette fois on a affaire à de grands complexes proposant moult bains différents, aussi bien intérieurs qu’extérieurs. Rien que dans la capitale on en trouve plusieurs, j’ai pour ma part testé (et approuvé) l’Oedo Onsen Monogatari (le terme d’onsen ici est injustifié mais ça faisait sans doute plus classe) sur l’île d’Odaiba, et le SpaLaqua en centre-ville, près du Tōkyō Dome. Dans les deux cas le coût d’entrée est élevé, plus que dans un onsen : au moins 2000 yen, mais pour ce prix on vous prête tout ce qu’il faut. On vous file même un bracelet NFC avec lequel vous pourrez acheter divers trucs dans les distributeurs, mais j’y reviendrai.

 

Voilà, vous avez choisi votre établissement, il reste plus qu’à y aller et acheter son ticket à la caisse… ou bien parfois dans l’un de ces distributeurs :

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Parfois le personnel vous redirigera sur l’une de ces machines, qui vous permettent d’acheter ce dont vous avez besoin. Généralement c’est traduit (comme ça l’est ici), et par exemple pour une entrée adulte (bouton jaune à 450 yen) avec une petite serviette (j’y reviendrai) et une grande, on s’en sort pour 540 yen. Mais vous pouvez tout aussi bien y aller en mode YOLO et vous contenter de l’entrée, auquel cas vous n’aurez rien pour vous sécher et vous cacher les parties. Souvent le personnel est sympa et vous fait remarquer que vous n’avez pas pris de serviette, afin d’être bien sûr que c’est un choix délibéré.

Ensuite, on vous demandera parfois de laisser vos chaussures dans un petit casier à l’entrée. Juste les chaussures hein, pour se changer c’est après.

Et cette fois c’est bon, on est prêt à enfin aller se baigner… mais reste encore à savoir comment.

 

L’étiquette des onsen

C’est là que ça peut se compliquer, car on ne va pas dans les bains publics japonais comme on irait à l’aquaboulevard : il y a un certain nombre de codes à respecter. Afin que ce guide soit le plus didactique possible j’ai décidé de vous l’expliquer en schémas.

Un rideau bleu, un rideau rose ou rouge. Pas facile hein ? Indice : le Japon est un pays de fumiers rétrogrades qui véhiculent une culture chromatiquement genrée.

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Selon ce que vous aurez demandé à l’accueil, vous aurez une petite serviette et/ou une grande, sachant que seule la petite peut être emmenée avec vous dans les bains.

 

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On met TOUT dans le casier. TOUT. Si vous avez des trucs précieux laissez-les plutôt à l’accueil, car il n’est pas rare que les casiers soient très basiques, sans porte et laissant donc le contenu à la vue de tout le monde.

 

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Une fois la salle des casiers franchie, il faut se laver (tout est fourni et les étiquettes sont traduites). C’est absolument obligatoire, il faut rentrer propre dans le bain. Faites-le, ne soyez pas comme ces gros porcs de russes que j’avais vus lors de mon premier voyage.

 

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Le bain est un lieu de détente : on peut discuter, mais on évite de courir comme un mongolo et on ne NAGE PAS dans le bassin. On ne s’amuse pas non plus à s’asperger d’eau comme Rocky et Apollo Creed sur la plage.

Normalement avec ces quelques conseils de survie, vous devriez pouvoir prendre un bain comme un vrai, et sans risquer de choquer les locaux.

Quelques adresses que je recommande personnellement (si les liens ne sont pas actifs revenez dans quelques jours, quand les articles auront été mis en ligne) :

Onsen :

Kurama onsen à Kyoto
Kurokawa onsen (préfecture de Kumamoto)
Ajisai no yu à Kawachi (préfecture de Fukuoka)
Fujiyama onsen à Kawaguchiko (préfecture de Yamanashi)
Odaru onsen à Kawazu (préfecture de Shizuoka)
Hotel Green Plaza à Hakone (préfecture de Kanagawa)

Super sento : 

Oedo Onsen Monogatari à Odaiba (Tokyo)
SpaLaqua (Tokyo)

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